21 septembre 2015

Tout s'explique

Tsipras victorieux et débarrassé de ses dissidents

Tsipras dispose-t-il d’une majorité suffisante ?

Syriza, le parti d’Alexis Tsipras, a recueilli 35,5 % des voix lors des élections législatives organisées hier en Grèce, devançant le parti de droite Nouvelle Démocratie (28 %). Alexis Tsipras a reconduit son alliance avec le parti souverainiste des Grecs indépendants pour disposer d’une majorité absolue limitée à 155 sièges sur 300. Le principal changement depuis le précédent scrutin est le recul de 7 points de la participation, attribuée à la lassitude des électeurs grecs bientôt confrontés à de nouvelles mesures d’austérité. La victoire d’Alexis Tsipras est le résultat d’une campagne réussie, où il a reconnu ses erreurs et s’est donné une image d’honnêteté, estime le journaliste Daniel Vernet, spécialiste des relations internationales, dans Slate.fr.

Que deviennent les dissidents de Syriza ?

L’accord conclu en juillet entre la Grèce et ses créanciers pour l’obtention d’une nouvelle aide de 86 milliards d’euros prévoyait l’adoption rapide de mesures prioritaires sur la TVA et les retraites. Lors de leur vote au parlement, le 14 août, Alexis Tsipras avait perdu le soutien de 43 députés de l’aile gauche de Syriza. Le Premier ministre avait alors convoqué des élections législatives anticipées pour retrouver une majorité à l’Assemblée. Aussitôt, 25 députés avaient quitté Syriza pour lancer le mouvement Unité populaire, sous l’impulsion de l’ex-ministre de l’Énergie et de l’ancienne présidente du Parlement. Cette formation n’a rassemblé hier que 2,86 % des suffrages, un score qui ne lui permet pas d’obtenir de siège au parlement. Le parti avait fait campagne contre les mesures d’austérité et pour une sortie de la zone euro.

Où en est l’application du plan de réformes ?

Le nouveau gouvernement devra appliquer l’ensemble des mesures d’économie (impôts, retraites, services publics) conditionnant le nouveau plan d’aide, à commencer par une loi rectificative pour le budget 2015. Les privatisations, désormais gérées par un fonds placé sous la supervision des institutions européennes, feront l’objet d’un nouveau calendrier. Pendant sa campagne, Alexis Tispras a affiché sa volonté de rendre l’application de ces mesures la moins dure possible pour les couches les plus défavorisées. Il tentera également d’obtenir de ses créanciers un allègement de la dette grecque.