22 septembre 2015

Tout s'explique

Le scandale Volkswagen devient mondial

Quels sont les marchés concernés ?

Le constructeur allemand Volkswagen a annoncé ce matin qu’il avait équipé 11 millions de ses voitures vendues dans le monde d’un logiciel visant à contourner les tests antipollution. Le scandale dépasse les États-Unis où a été révélée vendredi la présence de ce dispositif. L’Agence américaine de protection de l’environnement a déclaré que 482 000 véhicules de marque Volkswagen et Audi étaient concernés. Le département de la Justice a ouvert une enquête aujourd’hui. On ne connaît pas encore la répartition des véhicules vendus dans les autres pays. Plusieurs pays (Allemagne, France, Suisse, Italie et Corée du Sud) ont lancé des enquêtes. La Commission européenne a indiqué être en contact avec le constructeur et les régulateurs américains.

Comment la ruse a-t-elle été découverte ?

L’International Council on Clean Transportation, une ONG américaine spécialisée dans les transports, a contribué à révéler le scandale. Au cours d’une étude qu’elle a commandée pour connaître les bienfaits des normes antipollution imposées par les États-Unis, plus drastiques qu’en Europe, les chercheurs ont relevé des écarts énormes entre les données officielles et les mesures effectuées en conditions réelles. Ils ont découvert la présence d’un logiciel capable de détecter un test antipollution (capot ouvert, volant immobile, etc.). Dans ces conditions, le moteur se conforme à la norme et perd en puissance. Sur la route, en revanche, il dégage un taux d’oxyde d’azote jusqu’à 40 fois supérieur. Volkswagen a reconnu hier avoir placé ce programme dans les moteurs diesel EA 189 de ses modèles Golf, Jetta, Beetle, Passat et Audi A3.

Quelles sont les conséquences pour Volkswagen ?

Volkswagen a perdu plus du tiers de sa valeur en deux jours en Bourse. Une provision de 6,5 milliards d’euros a été mise de côté sur les comptes du troisième trimestre pour couvrir « les mesures nécessaires » et d’autres efforts visant « à regagner la confiance » des clients. Le constructeur allemand risque une amende allant jusqu’à 16 milliards d’euros aux États-Unis, sans compter les procédures possibles dans les autres pays concernés. Un cabinet d’avocats américain a annoncé ce matin avoir engagé une action de groupe à l’encontre de Volkswagen. Le journal allemand Tagesspiegel affirme que le patron Martin Winterkorn sera démis de ses fonctions vendredi.