23 septembre 2015

Tout s’explique

Accord européen a minima pour la répartition des réfugiés

Quel plan a été avalisé par les Européens ?

Les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne se sont accordés hier soir sur l’accueil de 120 000 réfugiés. Ils seront répartis dans les 28 États membres, malgré le vote négatif de plusieurs d’entre eux (Hongrie, République tchèque, Roumanie et Slovaquie). Le plan a été adopté à la majorité qualifiée (devant réunir au minimum 55 % des États et 65 % de la population européenne). 66 000 réfugiés arrivés en Italie, Grèce et Hongrie seront pris en charge dès à présent. Les États devront se réunir à nouveau pour décider de la répartition des 54 000 autres. Des centres seront établis dans les pays aux limites de l’espace Schengen afin d’enregistrer les prochaines demandes d’asile. Un sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement doit avoir lieu ce soir à Bruxelles pour ratifier le texte.

Cet accord est-il suffisant ?

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui regroupe les 34 pays les plus industrialisés, a prévu hier que 350 000 à 450 000 personnes obtiendraient le statut de réfugié d’ici la fin de l’année sur un million de demandes. Le plan ne prend donc en compte qu’une part limitée des demandes. En outre, il ne concerne que les personnes en attente en Grèce, Hongrie et Italie. Les autres pays hébergeant des réfugiés, par exemple l’Allemagne, la France ou la Suède, devront gérer eux-mêmes leur situation. La porte-parole du Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés a jugé l’accord « insuffisant pour stabiliser la situation ».

Quels seront les obligations des pays récalcitrants ?

L’accord prévoit que tous les pays se répartissent les réfugiés en fonction de certains critères (PIB, population, taux de chômage, etc.). Les États auront le droit de s’y opposer, moyennant une pénalité correspondant à 0,002 % de leur PIB. La Slovaquie, qui refuse les réfugiés musulmans, a annoncé aujourd’hui qu’elle contesterait le « diktat de la majorité » devant la Cour de justice européenne. « Nous n’appliquerons pas la décision prise par les ministres de l’Intérieur », a prévenu le Premier ministre Robert Fico. Son homologue tchèque Bohuslav Sobotka a réaffirmé son hostilité au système de quotas mais indiqué qu’il ne souhaitait pas envenimer davantage la situation en saisissant la justice communautaire.