25 septembre 2015

Tout s’explique

Les élections régionales catalanes centrées sur l’indépendance

Quel est le poids des indépendantistes ?

Les Catalans votent dimanche pour renouveler leur parlement régional. Pour la première fois, les deux principales forces en faveur d’une indépendance de la Catalogne, le parti nationaliste de droite et les indépendantistes de gauche, font liste commune. Elles se sont engagées à faire sécession du reste de l’Espagne dans les 18 mois en cas de majorité absolue. L’actuel président de la région la plus riche du pays, le nationaliste Artur Mas, considère qu’une victoire à ces élections serait un « plébiscite » pour l’indépendance. En novembre 2014, il avait organisé un référendum sur la question qui avait recueilli 80 % de « oui ». Le gouvernement espagnol avait déclaré ce vote illégal : une communauté autonome ne peut convoquer un vote d’autodétermination.

Comment les indépendantistes espèrent-ils faire sécession ?

En cas de victoire, Artur Mas estime pouvoir s’appuyer sur ce mandat populaire pour engager un processus de séparation. Après avoir envisagé de déclarer unilatéralement la souveraineté de la Catalogne, il compte désormais ouvrir des négociations avec Madrid. Car la Constitution espagnole ne reconnaît qu’une seule souveraineté : celle du « peuple espagnol ». La seule possibilité légale pour les indépendantistes est d’obtenir de Madrid l’organisation d’un référendum national sur cette question ou le vote du parlement. Deux hypothèses exclues par l’actuel président du gouvernement Mariano Rajoy. Si la Catalogne décidait de ne plus se soumettre à l’État, celui-ci pourrait prendre le contrôle direct de la région.

Quelles sont les mises en garde des instances nationales et européennes ?

La Commission européenne a prévenu les indépendantistes, via un porte-parole de son président Jean-Claude Juncker, que la Catalogne serait de facto exclue de l’UE en cas de sécession. Elle devrait donc préparer une procédure d’adhésion et s’exposer au veto de l’Espagne. Même chose pour l’Otan. La Banque d’Espagne brandit la menace d’une sortie de la zone euro, ce qui empêcherait l’accès des entreprises catalanes aux liquidités de la Banque centrale européenne. Le président de la Ligue professionnelle de football a quant à lui averti qu’une indépendance exclurait le FC Barcelone du championnat.