29 septembre 2015

Tout s’explique

Divergences sur la Syrie à l’ONU

Que propose le président russe ?

Participant à l’Assemblée générale de l’ONU pour la première fois depuis dix ans, Vladimir Poutine a appelé hier les Occidentaux à former une alliance militaire contre le groupe État islamique. Le président russe a appelé à une « large coalition antiterroriste », semblable à « celle contre Hitler » au cours de la Seconde Guerre mondiale. Il a réaffirmé que le refus de coopérer avec le président syrien Bachar el-Assad serait « une énorme erreur ». Un accord d’échange de renseignements a été signé ce week-end entre la Russie, la Syrie, l’Irak et l’Iran.

Pourquoi Obama et Hollande y sont opposés ?

Dans son discours à l’ONU, Barack Obama s’est dit hier disposé « à travailler avec tous les pays, y compris la Russie et l’Iran, pour résoudre ce conflit ». Le président américain a néanmoins refusé toute concession sur une participation de Bachar el-Assad : « Après tant de sang versé, tant de carnage, nous devons reconnaître qu’il ne peut y avoir un retour vers le statu quo d’avant la guerre. » François Hollande a quant à lui jugé nécessaire une large coalition, mais réclame comme préalable le départ du dirigeant syrien. Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a critiqué l’absence d’action des Russes « qui parlent beaucoup mais qui n’ont pas engagé un avion » contre le groupe État islamique.

Quels sont les arguments des défenseurs de la position russe ?

L’ancien Premier ministre François Fillon soutient l’idée d’une association avec Bachar el-Assad pour régler la question syrienne. « Pour combattre le nazisme, on est allé tendre la main à un régime qu’on abhorrait, qui s’appelait le régime soviétique de monsieur Staline, et on a eu raison de le faire, parce qu’en le faisant on a battu Hitler », a-t-il estimé dimanche. Une position partagée par l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine, qui considère par ailleurs que la Russie n’aurait jamais dû être écartée du processus. « Ce qui est en train de se passer […] c’est l’évidence de l’échec de la stratégie occidentale », a-t-il déclaré hier.