1er octobre 2015

Tout s'explique

Guerre de l’information autour des cibles russes en Syrie

Quelles ont été les cibles de l’aviation russe ?

Après une première série de raids dans l’ouest de la Syrie hier, l’aviation russe a frappé tôt ce matin des cibles à Idleb, Hama et Homs. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a déclaré que des positions du groupe État islamique avaient été détruites, ainsi que des cibles appartenant à d’autres organisations « terroristes ». Selon la chaîne de télévision libanaise Al-Mayadine, favorable au régime syrien, il s’agit de l’Armée de la conquête, un groupe composé notamment de la branche syrienne d’Al-Qaïda. Plusieurs activistes locaux opposés à Bachar el-Assad assurent que des rebelles plus modérés ont été visés. Le chef de l’opposition syrienne en exil, Khaled Khoja, estime que les raids russes visent à « maintenir » en place le régime de Bachar el-Assad, et non à cibler le groupe État islamique (EI).

Comment les Occidentaux ont-ils réagi ?

Le secrétaire d’État américain John Kerry a annoncé hier que les États-Unis auraient « de sérieuses inquiétudes si la Russie devait frapper des zones où il n’y a pas d’opérations de l’EI et de groupes affiliés à Al-Qaïda ». Son homologue à la Défense Ashton Carter a déclaré que l’armée russe avait visé des zones où il n’y avait « probablement » pas de forces de Daech. Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a dit détenir des informations selon lesquelles les Russes ont frappé « pour une bonne part des résistants ».

Que répondent les Russes aux critiques ?

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a rejeté ce matin les doutes « infondés » des Occidentaux, selon lesquels la Russie n’aurait pas frappé le groupe État islamique. Il a en outre déclaré n’avoir « aucune information » concernant d’éventuelles victimes civiles. L’opposition syrienne en exil avait affirmé hier que 36 habitants avaient été tués dans les bombardements. Accusé de frapper des rebelles non djihadistes et des civils, le président Vladimir Poutine s’est dit cet après-midi prêt à une « guerre de l’information ». C’est dans ce climat qu’a été annoncée hier une rencontre entre responsables militaires américains et russes, qui doit leur permettre d’éviter tout incident entre leurs aviations.