5 octobre 2015

Tout s'explique

Les inondations en Méditerranée

Pourquoi le bilan est-il aussi lourd ?

Le bilan des victimes des intempéries de la nuit de samedi à dimanche dans les Alpes-Maritimes est de 20 morts, avec la découverte aujourd’hui de trois nouveaux corps. La seule commune de Mandelieu-la-Napoule a comptabilisé huit victimes, toutes décédées dans l’inondation de garages souterrains. Interrogé par le Monde, l’hydrologue Patrick Arnaud considère que l’urbanisation de la côte, limitant l’absorption de l’eau par le sol, est en grande partie responsable de ces drames. « La Côte d’Azur est une zone très urbanisée, entre l’autoroute et les constructions, avec une population très dense. Le centre de l’orage s’est concentré au mauvais endroit, sur cet immense espace imperméabilisé. »

Pouvait-on prévoir cette catastrophe ?

Météo France avait classé la journée de samedi en orange, appelant chacun à la vigilance, et non en rouge, une classification qui déconseille les déplacements. Pour les météorologues, il n’était pas possible de prévoir l’intensité de ces précipitations. « Nos modèles de prévision nous ont permis de baliser la zone qui allait être concernée par ce système de cellules orageuses très violentes », explique Pascal Brovelli, adjoint à la direction de la prévision de Météo France, interrogé par France 3. Mais selon lui, ils ne permettaient pas de « préciser que l’une d’elles allait parcourir un secteur aussi réduit avec une telle intensité ».

Faut-il s’attendre à une recrudescence de ces épisodes ?

Ce type d’averses brutales et localisées sont connues sous le nom d’épisodes cévenols. Elles surviennent sur le bassin méditerranéen à la fin de l’été et au début de l’automne. L’air chaud, chargé d’humidité, bute contre les barrières montagneuses, monte et se refroidit, entraînant la formation de précipitations diluviennes. Le climatologue Jean Jouzel, vice-président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), estime « qu’il y a des chances que ces phénomènes soient plus intenses, tout simplement à cause du réchauffement de la Méditerranée ».