9 octobre 2015

Tout s’explique

MSF réclame une enquête internationale après le bombardement de Kunduz

Que s’est-il passé à Kunduz ?

Médecins sans frontières (MSF) a réclamé ce matin une commission d’enquête internationale sur le bombardement américain de son hôpital samedi à Kunduz, dans le nord de l’Afghanistan. L’organisation non gouvernementale considère que cette offensive, qui a tué 22 personnes (12 employés et 10 patients), constitue une « attaque contre les Conventions de Genève ». Ces traités internationaux définissent les règles de protection des personnes en cas de conflit armé, dont l’interdiction de s’en prendre au personnel médical. Le centre de soins de MSF est le seul de la région à pouvoir traiter les grands blessés. Il a apporté une aide cruciale à la population civile après la prise de la ville fin septembre par les talibans, une première depuis 2001.

Comment les États-Unis se justifient-ils ?

Le général John Campbell, chef des forces américaines et de l’Otan en Afghanistan, a reconnu hier « une frappe menée par erreur », décidée par l’état-major américain en réponse à une demande des forces afghanes. Le ministère de la Défense afghan a déclaré dimanche que des combattants talibans se trouvaient dans l’hôpital et s’en servaient comme base. Une affirmation que nie MSF. L’organisation dit aussi avoir alerté l’Otan en vain dès le début des frappes. L’administration américaine a annoncé trois enquêtes pour faire la lumière sur ce drame : l’une par son armée, l’autre par l’Otan et une dernière par l’armée afghane. MSF souhaite une enquête internationale, car ces trois entités sont parties prenantes.

Quels sont les objectifs des frappes aériennes ?

Le général John Campbell s’est montré plus prolixe lors d’une conversation privée rapportée par ses collaborateurs dans le New York Times. Selon le militaire, un bombardement est légitime pour « éliminer des terroristes, protéger des soldats américains en difficulté et soutenir les troupes afghanes ». Or les frappes de Kunduz n’entraient très probablement dans aucune de ces catégories, selon le général, qui estime que les soldats américains « n’ont pas suivi » les règles de sécurité préalables à un bombardement.