13 octobre 2015

Tout s’explique

Le solde migratoire baisse en France

De plus en plus d’étrangers arrivent-ils en France ?

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié ce matin son analyse des flux migratoires entre la France et l’étranger entre 2006 et 2013. Les résultats vont à l’encontre de certaines idées reçues, notamment celle selon laquelle le solde migratoire de l’immigration, soit la différence entre les entrées et les sorties de personnes, aurait tendance à augmenter. C’est l’inverse, démontre l’Insee. Si le nombre d’immigrés a augmenté, passant de 193 000 entrées par an à 235 000, ils sont aussi plus nombreux à partir : le nombre de sorties est passé de 29 000 à 95 000 par an. Le solde migratoire de l’immigration a donc baissé, passant de +164 000 à +140 000 entre 2006 et 2013.

Qu’est-ce qui explique l’augmentation des flux de sorties ?

La plupart des sorties d’immigrés concernent des étudiants étrangers quittant la France à la fin de leurs études, des départs à l’issue d’une période d’emploi de quelques années et des retours au pays au moment de la retraite. L’Insee souligne « l’accroissement de la mobilité professionnelle de courte durée, notamment intra-européenne ». L’institut constate par ailleurs que davantage de personnes nées en France choisissent de partir à l’étranger. En 2013, près de 197 000 ont quitté le territoire, soit 59 000 de plus qu’au cours de l’année 2006, une « fuite des cerveaux » qui s’est accrue entre 2006 et 2009 avant de se stabiliser.

Tous les pays européens ont-ils un solde migratoire positif ?

La situation diffère selon les pays : par exemple, le solde migratoire de l’Allemagne augmente fortement (+550 000 personnes en 2014). À l’inverse, l’Espagne a enregistré un solde négatif de -220 000 en 2013 qui s’explique par le départ de la population étrangère et des Espagnols eux-mêmes. La quatrième économie de la zone euro, qui a attiré une forte immigration au moment de son boom économique (années 1990-2000), connaît une situation économique difficile depuis 2008, année où elle a été frappée par l’éclatement de sa bulle immobilière et par la crise financière internationale.