20 octobre 2015

Tout s'explique

Le développement du paiement sur mobile en France

Quelles sont les offres disponibles ?

L’opérateur Orange a annoncé hier le déploiement sur tout le territoire d’Orange Cash, la solution de paiement mobile qu’il teste depuis un an à Caen, Nice, Rennes et Strasbourg. Ce produit se présente sous la forme d’une application mobile (Android ou Windows) donnant accès à un porte-monnaie numérique rechargeable. Il est alimenté depuis son compte bancaire, chaque rechargement étant facturé 0,79 euro par Orange. Il est ensuite possible de régler un achat en approchant son smartphone d’un terminal de paiement compatible. BNP Paribas et le Crédit Mutuel ont lancé une offre similaire l’an dernier. Le groupe BPCE fournit quant à lui une solution de paiement mobile dans les restaurants universitaires. La start-up Fivory s’est associée fin août avec le festival Rock en Seine pour proposer aux clients de régler leurs boissons avec un smartphone.

Comment cette technologie fonctionne-t-elle ?

Le smartphone de l’utilisateur doit être équipé de la technologie NFC (Near Field Communication). Une petite puce permet d’établir une communication entre deux appareils compatibles à faible distance (10 centimètres maximum) via des ondes courtes qui transportent les informations. Il peut s’agir d’un téléphone et du terminal de carte bancaire chez le commerçant ou de deux téléphones équipés. Le NFC peut aussi être présent sur une simple carte SIM, une carte bancaire, une tablette ou une montre connectée. En France, 8,3 millions de smartphones, dont tous les modèles récents, sont dotés de cette technologie.

Pourquoi a-t-elle du mal à percer ?

Les industriels (banques, opérateurs téléphoniques et fabricants de cartes SIM) ont préféré miser dans un premier temps sur la carte bancaire pour développer la technologie NFC en France. Selon l’Observatoire du NFC et du sans-contact, 54 % des cartes bancaires en circulation en sont désormais équipées. Grâce à elles, il est possible de payer jusqu’à 20 euros sans taper son code secret. Mais seulement un consommateur sur cinq utilise cette fonctionnalité, notamment en raison du manque d’informations, ce qui ne pousse pas les commerçants à se doter de machines compatibles. En mars, seulement 21,5 % des points de vente étaient équipés. En outre, les utilisateurs français des derniers iPhone, équipés du NFC, n’ont pas encore droit à cette solution. Apple n’autorise pas l’installation d’une autre application de paiement que la sienne : Apple Pay. Ce service a été lancé fin 2014 aux États-Unis puis cet été au Royaume-Uni. Sa date de sortie française est encore inconnue.