21 octobre 2015

Tout s'explique

Le gouvernement prend des mesures pour la « jungle » de Calais

Qu’a annoncé le gouvernement ?

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve s’est rendu cet après-midi à Calais, dans le Nord-Pas-de-Calais. C’est la septième fois depuis sa nomination en avril 2014 qu’il se déplace dans la « jungle », surnom donné au bidonville où vivent désormais entre 5 500 et 6 000 migrants, selon des chiffres donnés dimanche par la préfecture. Il a notamment annoncé la création de 2 000 places d’hébergement supplémentaires d’ici la fin de l’année et l’augmentation des effectifs des forces de l’ordre (de 640 à 1 100). La sénatrice-maire Les Républicains de la ville Natacha Bouchart avait demandé lundi l’aide de l’armée pour surveiller le site. 800 artistes, intellectuels ou militants ont signé hier un « appel de Calais » dans Libération. Ils y déploraient le désengagement de la puissance publique.

Quelles sont les conditions de vie sur place ?

Dans leur tribune, les 800 signataires dénoncent les conditions de vie des habitants : un repas par jour et un accès quasi impossible à une douche ou des toilettes. Dans ce lieu prévu pour 1 500 personnes, l’ONG Solidarités international relève 30 robinets, 50 douches et 26 toilettes. Les migrants dorment dehors ou sous des tentes, certains ont réussi à bâtir des cabanes avec du bois et des bâches. L’« appel de Calais » mentionne des viols, des violences policières et des ratonnades organisées par des militants d’extrême droite. L’association Solid’R confirme des cas de violences sexuelles à l’encontre de femmes seules. Des membres d’une ONG ont mis en ligne en mai une vidéo montrant des CRS en train de brutaliser des migrants tentant de monter dans des camions.

Pourquoi autant de migrants attendent-ils dans cette zone ?

Le camp a été officiellement ouvert au printemps afin de libérer le centre-ville de Calais. Pour les migrants, cette ville est la dernière étape avant leur objectif : rejoindre le Royaume-Uni. Selon l’association France terre d’asile, la majorité d’entre eux sont anglophones et viennent de pays issus de l’empire colonial britannique (Irak, Soudan, etc.). Outre un éventuel réseau familial et communautaire, les candidats à l’exil sont attirés par une économie britannique dont le taux de chômage est limité à 5,4 %, contre 10,3 % en France. Les gouvernements français et britannique ont validé fin août la création d’un centre de commandement commun à Calais, prévoyant une collaboration des polices pour lutter contre les réseaux qui font traverser la Manche aux migrants.