27 octobre 2015

Tout s’explique

De nouveaux indicateurs pour évaluer la prospérité

Quels sont les critères d’évaluation ?

Le gouvernement a publié ce matin une nouvelle série de dix indicateurs annuels censée mieux définir la prospérité d’un pays. Elle couvre les champs économiques (taux d’emploi, endettement, etc.), sociaux (satisfaction dans la vie, sorties précoces du système scolaire, etc.) et environnementaux (empreinte carbone, « artificialisation » des sols, etc.). La France est au-dessus de la moyenne européenne dans six d’entre eux, comme l’effort de recherche ou l’espérance de vie en bonne santé. Elle est en revanche en retard sur la satisfaction dans la vie, mesurée grâce à un sondage. Le ministre de l’Économie Michel Sapin a estimé que l’emploi restait la première des priorités parmi ces indicateurs.

Pourquoi lancer de nouveaux indicateurs ?

Ces nouveaux indicateurs sont issus d’une loi adoptée au printemps dernier, à l’initiative de la députée écologiste Éva Sas. Dans une tribune publiée aujourd’hui par le site du JDD, elle estime que le PIB, sur lequel s’appuie la mesure de la croissance, a montré ses limites. Outre le fait qu’il n’intègre pas la qualité de l’emploi des citoyens ou la répartition des revenus, « il occulte la dégradation du capital naturel que nous laisserons aux générations futures ». Selon elle, « nous avons à la fois besoin d’instruments de pilotage au service d’un projet de société et d’outils pour nous projeter vers l’avenir ».

Où en est la réflexion internationale ?

Cette réflexion autour d’indicateurs alternatifs à la croissance du PIB n’est pas nouvelle. Le Bhoutan s’est rendu célèbre en 1972 en instituant l’indice de bonheur brut, reposant sur le bien-être psychologique et la préservation de l’environnement. Son actuel Premier ministre, nommé en 2013, reproche toutefois à l’indice de sous-estimer la « nécessité de générer de la richesse ». Le Pnud, une branche de l’ONU, a créé un « indice de développement humain » en 1990 calculé à partir du PIB par habitant, de l’espérance de vie à la naissance et du niveau d’éducation. Plus large, l’indice « vivre mieux » de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui réunit les 34 pays les plus développés du monde, intègre, depuis 2011, 11 données dont le logement et l’environnement.