29 octobre 2015

Tout s'explique

La Chine annonce la fin de la politique de l’enfant unique

Pourquoi cette décision ?

Le Parti communiste chinois a annoncé aujourd’hui la fin de la politique dite de l’enfant unique. Désormais, tous les couples auront l’autorisation d’avoir deux enfants. Cette décision est dictée par l’évolution de la démographie du pays. En 2014, l’indice de fécondité est tombé à 1,5 enfant par femme, en deçà du seuil de renouvellement des générations (2,1). Selon des estimations de l’ONU, 30 % des Chinois auront 60 ans ou plus en 2050, quand la moyenne mondiale atteindra 20 %. Le pays connaît également un déséquilibre avec 116 hommes pour 100 femmes au sein d’une même génération. Dans les campagnes, la plupart des familles misent toujours sur un garçon, en vertu d’une tradition où les hommes mariés restent dans leur famille, tandis que les femmes rejoignent celle de leur époux. De nombreuses familles recourent aux avortements sélectifs.

Sur quoi cette politique était-elle fondée ?

La règle de l’enfant unique a été instituée en 1979 pour contrôler la population, toujours la plus nombreuse du monde (1,37 milliard en 2014). Le planning familial chinois soutient que la politique de l’enfant unique a évité 400 millions de naissances et contribué à l’essor économique du pays. Jusqu’à présent, les parents ne respectant pas les restrictions s’exposaient à de lourdes amendes et des licenciements s’ils travaillaient pour l’État. Le montant de l’amende était laissé à la discrétion des autorités locales et variait selon la richesse de la ville, généralement entre 500 et 1 000 euros. Si les parents ne payaient pas, leurs enfants ne pouvaient pas avoir accès aux services publics, tels que la santé ou l’éducation, et se voyaient également dans l’impossibilité de travailler ou d’acheter des billets de train.

Était-elle toujours respectée ?

Depuis fin 2013, la loi chinoise autorisait une exception pour les couples dont l’un des membres est lui-même enfant unique. Auparavant, il fallait que les deux parents le soient. Les familles paysannes dont le premier enfant était une fille pouvaient aussi y déroger, tout comme les minorités ethniques. Mais plus que la loi, le développement économique permet désormais aux familles qui réussissent dans les affaires de payer les amendes. L’essor de l’emploi dans les entreprises privées atténue la crainte d’être banni d’un emploi public.