30 octobre 2015

Tout s'explique

À la recherche d’une solution politique en Syrie

En quoi cette réunion est-elle une première ?

Les chefs des diplomaties des principaux pays impliqués dans la crise en Syrie se sont rassemblés aujourd’hui à Vienne en Autriche pour une première série de discussions en vue d’une solution politique. Soutien de Bachar el-Assad, l’Iran participe pour la première fois aux négociations. Cette invitation confirme la fin de l’isolement de la principale puissance de l’islam chiite qui, avec la signature en juillet de l’accord sur son programme nucléaire, a obtenu que les pays occidentaux lèvent début 2016 les sanctions économiques qui la frappent.

Quelles sont les principales divergences ?

La Russie et l’Iran souhaitent que le président syrien soit associé à ce processus de transition et à la lutte contre le groupe État islamique, quand les pays occidentaux et l’Arabie Saoudite exigent son départ programmé. L’Iran s’est déclaré aujourd’hui favorable à une période de « transition » suivie d’élections auxquelles Bachar el-Assad pourrait être candidat. À l’issue de la réunion, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a constaté des avancées sur le « processus de transition » et la « perspective d'élections », mais pas sur le futur rôle de Bachar el-Assad. Les discussions doivent se poursuivre dans deux semaines.

Quel est le bilan du premier mois de bombardements russes ?

La Russie bombarde la Syrie depuis le 30 septembre pour soutenir l’armée de Bachar el-Assad. Elle s’est attiré les critiques des Occidentaux en privilégiant les raids contre les rebelles, au lieu des positions du groupe État islamique. Sur les 600 victimes des frappes recensées par l’Observatoire syrien des droits de l’homme, seules 131 appartenaient à la formation djihadiste. L’armée régulière syrienne en a profité pour lancer des offensives contre des bastions de la rébellion, mais s’est heurtée à une forte résistance et n’a pas obtenu de victoire significative. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, dépendant de l’ONU, estime à 35 000 le nombre de personnes déplacées d’Alep depuis le début du mois.