2 novembre 2015

Tout s'explique

Accord franco-chinois sur le climat

Que signifie l’accord conclu entre la France et la Chine ?

À un mois de la conférence des Nations unies sur le climat (COP21) au Bourget, la France et la Chine ont publié une déclaration commune appelant à « un accord de Paris ambitieux et juridiquement contraignant ». François Hollande est actuellement en déplacement en Chine où il a présenté cette déclaration conjointe avec son homologue Xi Jinping. Les deux pays souhaitent que les engagements pris lors de la conférence fassent l’objet d’une « revue complète tous les cinq ans » des contributions de chaque pays. La Chine était jusqu’ici réservée sur une telle clause. « Nous avons posé les conditions qui permettent un succès à la Conférence de Paris », s’est réjoui François Hollande. Toutefois, la déclaration franco-chinoise ne prévoit pas de mécanisme de sanction pour les pays ne tenant pas leurs engagements.

Que représente la Chine dans les émissions de gaz à effet de serre ?

La Chine est le premier pays pollueur au monde. Son économie dépend encore à 66 % du charbon et elle est responsable de 25 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales, selon le think tank américain World Resources Institute. Pékin est le chef de file du « groupe des 77 », une coalition de pays en développement au sein des Nations unies. La France espère qu’à ce titre, le pays jouera un rôle pour convaincre d’autres grands pays pollueurs comme l’Inde (quatrième émetteur mondial de gaz à effet de serre) de fermer leurs centrales à charbon et de contribuer aux efforts contre le réchauffement climatique.

Comment sa position a-t-elle évolué ces dernières années ?

En 2009, lors de la conférence de Copenhague, la Chine avait refusé la mise en place de mesures de contrôle et elle a été tenue comme l’un des principaux responsables de son échec. Depuis, Pékin s’est engagé à mettre en place en 2017 un marché national de quotas de CO2. En novembre 2014, le président chinois Xi Jinping avait annoncé que son pays s’engageait à réduire ses émissions de gaz à effet de serre à partir de 2030. La Chine est aujourd’hui confrontée à un mécontentement croissant des classes moyennes urbaines confrontées quotidiennement à la pollution. Le pays entend aussi jouer un rôle majeur dans les activités économiques liées aux énergies renouvelables et à la « croissance verte ».