3 novembre 2015

Tout s’explique

Nouvelles révélations sur le Vatican

Quelles sont les principales révélations des livres ?

Deux livres d’enquêtes, dont la sortie est prévue jeudi, accusent le Vatican de nombreux dysfonctionnements, notamment de détourner une partie des dons des catholiques aux œuvres de bienfaisance. Le journaliste Gianluigi Nuzzi, auteur du livre « Chemin de croix », dont le Monde publie cet après-midi des extraits, écrit notamment que leurs dons sont utilisés « pour combler les déficits financiers dus à certains cardinaux et aux hommes qui contrôlent l’appareil bureaucratique du Saint-Siège ». Journaliste à l’hebdomadaire L’Espresso et auteur de l’autre livre, « Avarizia » (« avarice »), Emiliano Fittipaldi estime à 400 millions d’euros le montant des détournements de la caisse du « Denier de Saint-Pierre » (les offrandes des fidèles pour les initiatives de charité du pape) au profit de la Curie romaine, le gouvernement du Vatican.

Quelle est l’attitude du pape ?

« Chemin de croix » décrit une situation hors de contrôle et une opacité complète. Le pape lui-même ne parvient pas, selon le livre, à obtenir des comptes à jour, à connaître l’inventaire et l’usage du parc immobilier (environ 5 000 immeubles à Rome). Sa réforme de la curie est enlisée. Le livre met en scène le combat entre une petite équipe formée par le souverain pontife, mêlant ecclésiastiques et laïcs, et une administration vaticane cloisonnée. Gianluigi Nuzzi affirme que ses sources ont souhaité « aider le pape », ce à quoi le Saint-Siège répond que la publication de documents confidentiels n’est « absolument pas une façon d’aider la mission du pape ».

Comment réagit le Vatican ?

La gendarmerie du Vatican a procédé pendant le week-end aux arrestations d’un prêtre espagnol et d’une laïque italienne. Cette dernière a été remise en liberté en raison de sa collaboration avec les enquêteurs, a précisé le Vatican. Soupçonnés d’avoir divulgué des documents confidentiels, ils ont tous les deux appartenu à une commission mise en place par le souverain pontife pour procéder à un audit financier de la Curie romaine. Cette double arrestation rappelle celle, en 2012, du majordome de Benoît XVI, le prédécesseur du pape François. Il était accusé d’avoir dérobé des documents confidentiels pour nourrir les révélations de Gianluigi Nuzzi sur une affaire de corruption et de favoritisme. Condamné à un an et demi de prison, il a finalement été gracié par Benoît XVI.