4 novembre 2015

Tout s'explique

Une nouvelle affaire Volkswagen

En quoi consistent les nouveaux problèmes ?

Volkswagen a révélé de lui-même, hier soir, avoir constaté des « incohérences inexpliquées » portant sur 800 000 voitures dans le monde, des modèles essence et diesel, et concernant cette fois les émissions de CO2. Cette nouvelle affaire est distincte de celle des moteurs diesel truqués pour manipuler les tests antipollution, mais c’est dans le cadre des « investigations complètes » promises par le constructeur qu’elle a été découverte. Volkswagen s’est aperçu que les niveaux de CO2 émis s’avéraient plus élevés que ceux mesurés lors du processus de certification. Le constructeur ignore l’origine de cet écart. On ne sait pas encore s’il est lié à une manipulation.

Comment évolue l’affaire des moteurs diesel truqués ?

Le 22 septembre, Volkswagen admettait avoir mis en place un système de contournement des tests antipollution sur certains moteurs diesel, à la suite des révélations d’une ONG américaine. L’affaire a rebondi lundi avec de nouvelles accusations de l’Agence environnementale américaine (EPA). Celle-ci estime que d’autres moteurs que ceux jusqu’ici mis en cause sont également concernés. Ils équipent des modèles haut de gamme des marques Audi, Porsche et Volkswagen. Le groupe dément toute tricherie sur ces moteurs. Porsche a néanmoins annoncé la suspension de la vente des modèles diesel de son 4×4 Cayenne aux États-Unis et au Canada.

Quelles sont les conséquences pour le constructeur ?

Volkswagen a d’ores et déjà évalué à 2 milliards d’euros le coût du nouveau problème concernant les émissions de CO2. S’agissant de la première affaire, le constructeur a provisionné 6,7 milliards d’euros pour le rappel des 11 millions de voitures concernées dans le monde et le paiement des amendes. Mais l’addition finale sera sans doute beaucoup plus lourde. Le nouveau patron du groupe, Matthias Müller, nommé le 25 septembre, est fragilisé par les accusations de l’EPA. Cet ancien dirigeant de la filiale Porsche avait assuré tout ignorer du scandale. L’action Volkswagen, à chaque nouvelle révélation, poursuit sa glissade en Bourse, avec une nouvelle chute de 9,5 % aujourd’hui. Le groupe a perdu depuis la mi-septembre plus de 40 % de sa capitalisation boursière.