5 novembre 2015

Tout s’explique

Un « Pentagone à la française » inauguré à Paris

Qu’a de particulier le nouveau ministère de la Défense ?

François Hollande a inauguré cet après-midi le nouveau siège du ministère de la Défense, situé dans le quartier de Balard, dans le XVe arrondissement de Paris. Il regroupe pour la première fois sous un même toit les états-majors des différentes armées (Terre, Air, Marine), ainsi que la Direction générale de l’armement et les services administratifs. Ils étaient jusqu’alors dispersés sur 12 sites différents dans la capitale. 9 300 personnes ont emménagé dans le nouveau bâtiment depuis février, à l’exception du ministre. Jean-Yves Le Drian et son cabinet n’ont pas souhaité l’intégrer et resteront à l’hôtel de Brienne, dans le VIIe arrondissement, invoquant la proximité avec l’Assemblée nationale. Un bureau a néanmoins été réservé au ministre s’il change d’avis.

Combien coûte-t-il ?

Ce « Pentagone à la française » coûtera 4,2 milliards d’euros jusqu’en 2042. Ce montant comprend le coût de construction, les dépenses de fonctionnement et la maintenance. Le secrétaire général du ministère Jean-Paul Bodin a assuré qu’il n’y aura pas de dépenses supplémentaires par rapport au coût des anciens sites, qui seront vendus. En revanche, le magazine Challenges évoque des mécontentements de la part de certains militaires au sujet du prix des travaux d’ajustement des bureaux. L’hebdomadaire cite l’exemple d’un général ayant reçu du constructeur un devis de 2 000 euros pour changer le sens d’ouverture de sa porte. Ou plus de 13 000 euros pour l’installation d’une imprimante et d’un scanner supplémentaires. Jean-Paul Bodin a reconnu que les modifications réclamées impliqueront un loyer supérieur aux prévisions en 2016.

Comment a-t-il été financé ?

Le ministère a été financé grâce à un partenariat public privé (PPP). Ce mode de financement intervient lorsqu’une autorité publique fait appel à des prestataires privés pour financer et gérer un équipement assurant ou contribuant au service public. Opale, un consortium d’entreprises mené par Bouygues associant Thales, Dalkia et Sodexo, a ainsi pris en charge la construction du bâtiment. Pour ne pas avoir à emprunter, le ministère a choisi de régler la somme en versant pendant 27 ans un loyer de 154 millions d’euros annuels à Opale. Ce procédé est inédit dans le cas d’un ministère, mais de grandes réalisations en ont déjà profité, comme le stade Pierre-Mauroy de Lille inauguré en 2012. Cependant, la domination du secteur par Bouygues, Vinci et Eiffage limite les capacités de négociation des prix pour les pouvoirs publics.