9 novembre 2015

Tout s'explique

Les pauvres, premières victimes du réchauffement climatique

Qu’affirme la Banque mondiale ?

100 millions de personnes supplémentaires pourraient tomber sous le seuil de pauvreté (moins de 1,90 dollar par jour) d’ici 2030 si rien n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, estime la Banque mondiale dans un rapport publié hier. Cette mise en garde s’inscrit dans une évolution favorable : début octobre, elle avait annoncé que le nombre de personnes vivant sous ce seuil allait descendre sous les 10 % de la population mondiale en 2015, contre 22 % en 2008. Le nouveau rapport s’appuie sur des enquêtes réalisées dans 92 pays en développement. L’organisme de financement du développement, basé à Washington, explique que les populations les plus pauvres, vivant dans des logements précaires et sur des territoires vulnérables, sont les plus affectées par les catastrophes climatiques (sécheresses, inondations, etc.) liées au réchauffement. Ce sont aussi celles qui ont le plus à perdre, leur patrimoine se résumant souvent à du bétail ou à un logement.

Que préconise-t-elle pour améliorer la situation ?

La Banque mondiale recommande un renforcement des systèmes de protection sociale. Le rapport cite en exemple le fonds « 4P », créé par l’État philippin en 2008 pour venir en aide aux plus pauvres, et qui a permis de fournir rapidement une aide aux victimes du typhon Yolanda en 2013. L’Unicef et les pouvoirs publics ont ainsi gagné du temps dans l’identification des plus nécessiteux. La rapidité d’intervention est en effet essentielle : des études réalisées en Éthiopie et au Malawi montrent que le coût d’une sécheresse peut passer de 50 à 1 300 dollars par ménage si la prise en charge des victimes est retardée de six à neuf mois. À trois semaines de l’ouverture de la Conférence de Paris sur le climat (COP21), la Banque mondiale appelle aussi à « des mesures immédiates de réduction des émissions » pour « stabiliser le changement climatique et réduire la menace qu’il représente pour l’éradication de la pauvreté à long terme ».

Où en est la préparation de la COP21 ?

L’Organisation météorologique mondiale, une agence de l’ONU, fait état aujourd’hui d’un record de concentration de CO2 dans l’atmosphère en 2014. Depuis hier et jusqu’à demain, 62 ministres de l’Environnement et de l’Énergie sont réunis en France pour préparer la conférence. L’objectif est de contenir la hausse des températures sous la barre de 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle. En l’état actuel, expliquait l’ONU le 30 octobre, les engagements pris par les pays conduisent à un réchauffement proche de 3°C.