10 novembre 2015

Tout s'explique

David Cameron présente ses exigences à l’Europe

Que réclame David Cameron ?

Le Premier ministre britannique a officialisé ce matin, dans un courrier adressé au président du Conseil européen Donald Tusk, ses exigences pour rester dans l’Union européenne. David Cameron demande notamment que les Européens s’installant au Royaume-Uni ne puissent pas immédiatement bénéficier de prestations sociales. Il souhaite donner la possibilité aux parlements nationaux de se grouper pour bloquer des lois européennes. Il demande l’inscription dans les traités européens du droit des pays à conserver leur monnaie nationale et d’un principe de non-discrimination pour ceux qui n’ont pas adopté l’euro. Cette exigence est censée empêcher une prééminence des pays de la zone euro dans les négociations commerciales.

Pourquoi pose-t-il de telles conditions ?

Si les États membres ne cèdent pas sur l’ensemble de ces points, David Cameron assure qu’il ne soutiendra pas le maintien du Royaume-Uni dans l’UE. Les électeurs l’ont réélu en mai avec la promesse de l’organisation d’un référendum sur cette question avant la fin 2017. Le quotidien The Times, qui cite une source proche du Premier ministre, a indiqué hier que le vote se tiendrait en juin prochain. Le congrès du parti conservateur du 7 octobre a montré que la formation était très divisée sur la question. La ministre de l’Intérieur Theresa May appelle notamment à tenir une ligne plus dure sur l’immigration européenne.

Qu’en pense la Commission européenne ?

Un porte-parole de la Commission européenne a estimé aujourd’hui que certaines des propositions envoyées à Bruxelles touchaient aux « libertés fondamentales du marché intérieur ». Il a fait référence aux aides sociales auxquelles le Royaume-Uni veut limiter l’accès pour les travailleurs européens. Ce traitement introduirait une discrimination. L’accroissement du rôle des parlements nationaux a en revanche été jugé « faisable ». Par ailleurs, explique Le Monde, Bruxelles redoute que les demandes britanniques n’incitent chaque pays à présenter sa propre liste de revendications.