12 novembre 2015

Tout s'explique

Valls favorable à des coalitions PS-LR aux régionales

Qu’a dit Manuel Valls ?

Le Monde et Le Parisien ont rapporté ce matin que Manuel Valls avait soulevé devant des journalistes l’hypothèse de proposer une fusion des listes PS-LR au soir du premier tour des élections régionales le 6 décembre. Le Premier ministre s’inquiète particulièrement pour la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie où le Front national (FN) est selon lui « le plus dangereux ». Marine Le Pen y mène une liste qui recueille parfois plus de 40 % des intentions de vote dans les sondages. Manuel Valls craint que le « front républicain » appliqué par le PS (désistement de la liste arrivée en troisième position) ne suffise à empêcher une victoire de la liste FN. Il considère qu’une telle stratégie pourrait déboucher sur une « double peine » : victoire du FN et absence d’élus pendant six ans.

Quelles ont été les réactions ?

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a critiqué le timing de cette proposition, estimant qu’il faut se concentrer sur la campagne. « De grâce, laissons-nous travailler, a déclaré Pierre de Saintignon, tête de liste socialiste dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Laissons-nous agir auprès de nos concitoyens, et puis cessons ces petites phrases qui jettent le trouble et qui nuisent à notre campagne. » Xavier Bertrand, le candidat de la droite dans la région, a réfuté toute éventualité de fusion. Marine Le Pen s’est, elle, réjouie de la proposition : « Nous y sommes, l’UMPS est née dans la bouche de Manuel Valls et sera très probablement une réalité entre les deux tours de l’élection régionale », a déclaré la présidente du FN.

Quelles sont les règles de désistement ?

Les élections régionales sont un scrutin à deux tours. Sont présentes au second tour les listes ayant obtenu plus de 10 % des voix au premier. La stratégie du « front républicain », un temps appliquée par la droite et par la gauche, est aujourd’hui abandonnée par le parti Les Républicains. Son président Nicolas Sarkozy plaide au contraire pour le refus d’un rapprochement avec le PS comme avec le FN (stratégie dite du « ni-ni »). Jean-Christophe Cambadélis n’a pas fixé de ligne officielle au Parti socialiste pour ces élections régionales. Trois régions sont susceptibles de voir gagner un candidat FN : le Nord-Pas-de-Calais-Picardie avec Marine Le Pen, la Provence-Alpes-Côte d’Azur avec Marion Maréchal Le Pen et l’Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine avec Florian Philippot.