13 novembre 2015

Tout s’explique

Nouvelle offensive contre le groupe État islamique

Où en est la stratégie contre le groupe État islamique ?

Les forces armées kurdes irakiennes, appuyées par les bombardements de la coalition emmenée par les États-Unis, sont entrées ce matin dans la ville irakienne de Sinjar. Cette position était tenue par le groupe État islamique (EI) depuis l’an dernier et se situe sur l’axe reliant Mossoul, place forte des djihadistes en Irak, et Rakka, en Syrie, la capitale autoproclamée de l’organisation. Jusqu’à 7 500 combattants kurdes pershmergas ont participé à l’opération, a indiqué le conseil de sécurité de la région autonome du Kurdistan irakien. Les États-Unis ont parallèlement annoncé fin octobre l’envoi d’un contingent de forces spéciales pour combattre l’EI côté syrien. Environ 50 soldats d’élite doivent fournir assistance aux groupes armés rebelles syriens. C’est une initiative inédite pour Barack Obama, qui avait jusqu’ici cantonné l’armée américaine aux bombardements aériens.

Quel est le bilan des frappes aériennes ?

La Russie mène depuis un mois et demi des frappes aériennes en Syrie, officiellement pour lutter contre le « terrorisme », mais Moscou est accusé par les États-Unis de chercher à renforcer le régime de Bachar el-Assad [€]. 85 % à 90 % des raids ont visé les rebelles non djihadistes, selon Anne Patterson, la secrétaire d’État adjointe américaine chargée du Proche-Orient. Un autre membre de l’administration Obama a reconnu que les frappes de la coalition emmenée par les États-Unis étaient insuffisantes : la secrétaire aux Forces aériennes Deborah Lee James a déclaré mardi qu’elles affaiblissaient l’EI, mais a appelé à un renforcement des troupes au sol de l’armée irakienne, de l’Armée syrienne libre et des pershmergas kurdes. La France a annoncé mardi avoir détruit des installations pétrolières gérées par l’EI.

Le recours aux drones est-il une nouveauté ?

L’armée américaine a mené cette nuit un raid de drone visant Mohammed Emwazi, un Britannique membre de l’EI, plus connu sous le nom de « Jihadi John ». L’homme a été mis en avant dans plusieurs vidéos de propagande de l’organisation djihadiste à destination de l’Occident. Le Pentagone n’a pas encore précisé s’il avait été touché. L’utilisation de drones par les États-Unis a été décidée en même temps que les bombardements, lors de l’été 2014, après la décapitation du journaliste américain James Foley par le même Mohammed Emwazi. La Russie utilise également des drones et en équipe l’armée régulière syrienne.