19 novembre 2015

Tout s'explique

Abdelhamid Abaaoud tué lors de l’assaut de Saint-Denis

Comment a-t-il été identifié ?

Abdelhamid Abaaoud, soupçonné d’être l’organisateur des attentats de vendredi, a été « formellement identifié » comme ayant été tué au cours de l’assaut mené hier dans un appartement de Saint-Denis. L’information a été officialisée en début d’après-midi par le procureur de la République de Paris François Molins. Le magistrat a indiqué que le Belge de 28 ans avait été identifié grâce à ses empreintes digitales. Son corps a été retrouvé sous les débris de l’appartement. Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a déclaré cet après-midi qu’il était « impliqué » dans quatre des six tentatives d’attentat déjouées depuis le printemps.

Comment a-t-il pu se rendre sur le sol français ?

Bernard Cazeneuve a expliqué que sa présence avait été signalée en Grèce récemment. En outre, il est probable qu’Abdelhamid Abaaoud ait déjà effectué au moins un aller-retour entre la Syrie et l’Europe occidentale cette année. Dans Daqib, le magazine de propagande de Daech, il a expliqué en février s’être rendu à Bruxelles depuis Damas puis être parvenu à retourner en Syrie malgré la traque dont il faisait l’objet après les attentats déjoués en janvier à Verviers (Belgique). Spécialiste de la fraude documentaire, le criminologue Christophe Naudin a expliqué à l’AFP que le terroriste aurait pu utiliser plusieurs moyens pour passer les contrôles aux frontières : utiliser le passeport d’une personne lui ressemblant ou présenter un faux document fabriqué à l’aide des passeports vierges récupérés dans des administrations pillées par Daech.

Que préconise le gouvernement pour éviter que cela se réédite ?

Pour le journaliste spécialiste du djihadisme David Thomson, qui s’exprimait sur France Info, la présence d’Abdelhamid Abaaoud, « visage le plus connu du djihad francophone », révèle une énorme « faille sécuritaire ». Manuel Valls et Bernard Cazeneuve ont insisté aujourd’hui sur la nécessité de mettre en place un « Passenger Name Record » européen, ou « registre des noms de passagers ». Ce projet, actuellement discuté au Parlement européen, est un fichier qui recense l’identité de tous les passagers des avions décollant ou atterrissant dans l’espace européen. Ainsi, la police française connaîtrait les déplacements d’un suspect à l’intérieur de la zone Schengen, alors qu’elle en perd aujourd’hui la trace après sa sortie de France. La France appelle aussi à un meilleur contrôle des armes à feu et à la systématisation des contrôles aux frontières extérieures de l’UE pour les Européens rentrant dans l’espace Schengen.