24 novembre 2015

Tout s'explique

La stratégie américaine en Syrie

Qu’espère obtenir François Hollande des États-Unis ?

François Hollande s’est rendu aujourd’hui à Washington pour rencontrer Barack Obama. En réaction aux attentats de Paris, le président français espère obtenir une plus grande coopération de la part des États-Unis dans trois domaines : une intensification des frappes contre l’organisation État islamique (EI), un renforcement du soutien aux forces anti-Assad non alliées à l’EI et le contrôle des flux financiers des terroristes. Dimanche, Barack Obama s’était déjà engagé à partager davantage de renseignements avec la France en Irak et en Syrie. Le président américain a aussi déclaré vouloir « éliminer » le groupe terroriste. Il exclut toujours d’envoyer des forces au sol outre le contingent de forces spéciales de moins de 50 membres déployé fin octobre.

Comment a évolué la politique d’Obama ?

À l’été 2013, la France était sur le point de lancer avec les États-Unis des frappes aériennes contre le régime de Bachar el-Assad après une attaque chimique contre sa population. Au dernier moment, Barack Obama a choisi de renoncer aux frappes, justifiant ce revirement par l’absence de coalition internationale, de majorité au Conseil de sécurité de l’ONU et de soutien de l’opinion. Le président américain avait pourtant qualifié en août 2012 l’utilisation d’armes chimiques de « ligne rouge ». Depuis ce revirement, mal vécu par la France, les relations entre les deux pays sont tendues sur la question de la Syrie. C’est la crainte d’un génocide des minorités (Kurdes, chrétiens, etc.) par l’EI qui décidera les États-Unis en août 2014 à commencer ses bombardements contre le groupe djihadiste. Obama s’est attiré de nombreuses critiques sur sa politique, à l’image du spécialiste des questions de défense Derek Chollet qui considère qu’il a été un piètre stratège et a contribué à raffermir la position de la Russie dans la région.

Que proposent les candidats des primaires ?

La candidate démocrate à la présidence américaine Hillary Clinton a insisté jeudi sur la nécessité d’une coalition internationale plus large, dirigée par les États-Unis, pour lutter contre l’EI tout en collaborant davantage avec la Russie. Elle réclame également une zone d’exclusion aérienne pour protéger la population contre les bombardements du régime de Damas ou de la Russie. Cette proposition, jugée trop coûteuse et difficile à mettre en place, est écartée par la Maison-Blanche. Bernie Sanders, candidat démocrate, a proposé de créer une nouvelle coalition réunissant puissances occidentales, nations musulmanes et la Russie. Donald Trump, candidat républicain, préfère laisser le leadership à la Russie. Marco Rubio, lui aussi républicain, n’a pas exclu d’envoyer des troupes terrestres.