25 novembre 2015

Tout s'explique

Les recommandations du juge Trévidic face au terrorisme

Qu’avait déclaré le juge avant les attentats ?

Aujourd’hui vice-président du tribunal de Lille, Marc Trévidic a été dix ans juge d’instruction antiterroriste au tribunal de grande instance de Paris. Il intervient régulièrement dans les médias depuis les attentats, après avoir martelé ces derniers mois que la France était la cible principale du groupe État islamique et ferait l’objet d’une action d’envergure. En septembre, dans Paris Match, il redoutait qu’un « rassemblement populaire » soit pris pour cible. Lundi sur France Inter, il a déclaré avoir été averti en août qu’un attentat pourrait avoir lieu contre une salle de concert.

Que préconise-t-il pour améliorer la lutte antiterroriste ?

Marc Trévidic dénonce régulièrement l’insuffisance des effectifs chargés de la lutte antiterroriste. Dans son entretien à Paris Match, il déclare en septembre : « On frise l’indigence à l’heure où la menace n’a jamais été aussi forte. […] On fait donc le strict minimum, sans pouvoir pousser les enquêtes, sans “service après-vente”, au risque de passer à côté de graves menaces. ” Le magistrat pointait l’urgence d’augmenter le nombre de policiers au sein de la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire. Actuellement, ce département compte 150 enquêteurs. En réponse aux attentats, François Hollande a annoncé la création de 5 000 postes supplémentaires dans la police et la gendarmerie. À cela, s’ajouteront 2 500 postes pour la justice. Christiane Taubira a annoncé ce matin la création d’un dixième poste de juge antiterroriste.

Peut-il réintégrer la lutte antiterroriste ?

Malgré ses appels du pied, Marc Trévidic n’a pas le droit de retrouver son poste au sein du pôle antiterroriste. La loi limite à dix années la fonction de juge d’instruction dans le même tribunal. Or, seul le tribunal de grande instance de Paris dispose d’un pôle antiterroriste. Marc Trévidic a donc été muté en août à Lille, où il est juge aux affaires familiales et gère notamment les divorces. Christiane Taubira a avancé ce matin qu’une réflexion était engagée à son sujet “ pour ne pas nous priver de ressources ”. Pascal Gastineau, président de l’Association française des magistrats instructeurs, a suggéré hier dans Libération la création d’un second pôle antiterroriste dans une autre ville de France pour éviter de perdre des compétences.