30 novembre 2015

Tout s’explique

La conférence mondiale sur le climat s’ouvre à Paris

Quel est l’objectif de la COP21 ?

La 21e Conférence des parties (COP21) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques s’est ouverte ce matin à Paris. 147 chefs d’État et de gouvernement sont présents. Les pays ont jusqu’au 11 décembre pour trouver un accord global pour lutter contre le réchauffement climatique. L’objectif est de limiter l’augmentation de la température de la Terre à deux degrés d’ici 2100 par rapport à 1880 (ère préindustrielle). C’est-à-dire 1,15 degré de plus que le niveau actuel. Au-delà de cette limite, les experts retenus par l’ONU redoutent un emballement aux effets irréversibles : élévation du niveau de la mer, événements extrêmes répétés (cyclones, sécheresses, etc.), chute des rendements agricoles, extinction d’espèces animales et végétales.

Quels sont les freins à l’aboutissement des négociations ?

La plupart des pays participants ont présenté leurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre avant le début de la conférence. Mais le compte n’y est pas : le 30 octobre, les Nations unies ont annoncé que la mise en œuvre de ces promesses conduirait à un réchauffement de la planète de 2,7 degrés, voire davantage selon les ONG Réseau Action Climat et Oxfam. Les gouvernements devront donc encore négocier pour obtenir un accord satisfaisant. Le principal point de blocage porte sur la responsabilité des pays dans le réchauffement et la répartition des efforts. La négociation portera également sur les transferts financiers des pays développés vers les pays émergents pour que la limitation des émissions de gaz n’entrave pas leur développement.

L’accord éventuel sera-t-il contraignant ?

François Hollande et Angela Merkel souhaitent un accord contraignant, comme l’ensemble de l’Union européenne. La Chine, l’Inde, la Russie et le Japon ne le veulent pas. Le secrétaire d’État américain John Kerry s’est dit favorable à un système de contrôle régulier des engagements pris, mais a annoncé début novembre que le texte n’aboutirait pas à un traité avec des objectifs de réduction juridiquement contraignants. Les États-Unis avaient déjà refusé de ratifier le protocole de Kyoto en 2001 pour cette raison. L’ambassadrice française à la COP21, Laurence Tubiana, précise qu’il n’est pas envisagé de régime de sanctions : « La contrainte, ce sera l’obligation de transparence et l’effet de réputation. »