1er décembre 2015

Tout s’explique

Les pays susceptibles de faire échouer la COP21

Pourquoi l’Inde veut-elle moins contribuer que les autres pays ?

Un accord à l’issue de la COP21 devra rallier des pays dont l’histoire, les besoins et les risques sont divers, ce qui laisse craindre à certaines associations environnementales un accord a minima. L’aval de l’Inde, troisième pollueur de planète, sera essentiel. Or, le Premier ministre Narendra Modi a souhaité hier que son pays soit moins sollicité que les autres. Il estime que les pays industrialisés ne doivent pas brider la croissance des pays en développement par des mesures environnementales ou qu’ils doivent les compenser financièrement. L’Inde vise 40 % d’énergies décarbonées (renouvelables et nucléaire) en 2030. Même avec ces efforts, la forte croissance qui attend le pays d’ici là devrait conduire à une multiplication par environ 2,5 de ses émissions de gaz à effet de serre, selon la Fondation Nicolas Hulot.

Pourquoi de nombreux pays pétroliers ne sont prêts à aucun sacrifice ?

« Les pays exportateurs ont tout fait pour rendre difficile la progression des accords internationaux sur le climat », a expliqué fin novembre à l’AFP Patrick Criqui, économiste spécialiste de l’énergie. Il vise particulièrement l’Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis, qui ont refusé de fixer des objectifs chiffrés de réduction d’émissions. Le Venezuela, le Nigeria et l’Angola n’ont quant à eux publié aucun engagement. Leur forte dépendance aux revenus issus des énergies fossiles est la principale raison de cette frilosité. La moitié des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole sont par ailleurs des pays en développement. Au Venezuela, par exemple, le pétrole assure plus de la moitié du PIB du pays.

Qui sont les pays qui réclament un accord très exigeant ?

L’Alliance des petits États insulaires, une coalition de 44 pays disséminés dans tous les océans et mers du monde, attend beaucoup d’un accord à l’issue de la COP21. Ces pays représentent 5 % de la population mondiale et se présentent comme les plus vulnérables aux changements climatiques, certains s’estimant menacés de disparition à cause de la montée des eaux. Pour eux, limiter le réchauffement climatique en 2100 à 2 degrés depuis l’ère préindustrielle, c’est déjà trop. Les îles Marshall militent pour que les négociations s’orientent vers une hausse de 1,5 degré et réclament plus d’aides des pays riches aux pays en développement.