2 décembre 2015

Tout s'explique

Le parlement britannique vote pour mener des frappes en Syrie

Qui soutient le projet de Cameron ?

David Cameron demande aujourd’hui aux députés britanniques de voter en faveur de frappes aériennes en Syrie contre l’organisation État islamique. Le débat a été ouvert dans l’après-midi et se poursuivra dans la soirée. Les conservateurs et près de 100 travaillistes (sur 231) ont d’ores et déjà annoncé qu’ils se prononceront en faveur des frappes. David Cameron estime qu’il faut répondre à l’appel de la France et que la contribution britannique pourra faire « une vraie différence ». En revanche, certains députés de son propre camp, comme John Baron, refusent de rééditer l’expérience libyenne (2011) où aucun plan à long terme n’avait été prévu avant l’intervention.

Pourquoi Jeremy Corbyn a-t-il fini par accorder une liberté de vote aux députés travaillistes ?

Connu pour ses positions pacifistes, le leader du parti travailliste Jeremy Corbyn est hostile à toute intervention militaire. Mais il s’est heurté à une forte opposition interne : près de la moitié des membres du cabinet fantôme, le gouvernement virtuel nommé par l’opposition, ont annoncé qu’ils voteraient avec le gouvernement. Jeremy Corbyn refusait initialement d’accorder une liberté de vote, avant d’envisager de l’autoriser en l’assortissant d’un rappel de l’opposition officielle du parti aux frappes. Ce week-end, les parlementaires travaillistes ont refusé cette proposition de compromis, plusieurs membres du cabinet fantôme, dont Hilary Benn, en charge des Affaires étrangères, menaçant même de démissionner.

Comment le débat a-t-il évolué depuis le refus d’intervenir en 2013 ?

En août 2013, les parlementaires britanniques ont rejeté une proposition de raids contre le régime de Bachar el-Assad, échaudés par l’intervention britannique en Irak en 2003. Depuis, David Cameron souhaite porter à nouveau devant la Chambre des communes la question d’une intervention en Syrie, mais à condition d’avoir l’assurance de disposer d’une majorité. Les attentats de Paris et l’appel de François Hollande en faveur d’une large coalition contre Daech ont créé ces conditions. Le quotidien The Independent estime ainsi qu’il faut venir en aide à la France, « notre allié blessé ». Malcolm Chalmers, directeur de recherche au Royal United Services Institute, un think tank britannique cité par l’AFP, explique que « la volonté de se déployer va calmer les craintes que le Royaume-Uni ne soit pas un partenaire fiable ».