7 décembre 2015

Tout s’explique

Deux stratégies pour combattre le FN au second tour des régionales

Quelle sera l’efficacité du retrait des listes PS ?

Le Parti socialiste (PS) est arrivé hier en troisième position aux élections régionales, comptabilisant 23,47 % des voix, derrière le Front national (FN), avec 28,42 %, et Les Républicains (LR) qui enregistrent 26,85 %. Le parti d’extrême droite est en tête dans six régions sur treize. Pour « faire barrage » au FN, le PS a annoncé ce matin le retrait de ses listes du second tour dans les régions où il s’est fait le plus largement distancer : Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Provence-Alpes-Côte d’Azur (le candidat en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne a choisi de se maintenir malgré la décision du parti). Jean-Daniel Lévy, directeur du département politique-opinion chez Harris Interactive, remarque que lors des élections départementales de mars, l’ex-UMP s’était imposée dans les 17 cantons où le PS s’était désisté pour faire barrage au FN. Mais cette fois, le FN dispose d’une telle avance dans les deux régions concernées (plus de 40 % des voix) que cette stratégie est incertaine.

Pourquoi la droite a-t-elle fait le choix inverse ?

Le bureau politique des Républicains s’est opposé ce matin à tout retrait ou fusion avec la gauche. La formation de droite a décidé de se maintenir en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, alors même que sa liste est arrivée troisième avec 18,84 % des voix. Le président du parti Nicolas Sarkozy entend ainsi « respecter les Français en proposant une alternance claire ». Alain Juppé et François Fillon ont validé ce choix, ce dernier estimant « que l’on ne change pas de stratégie au milieu du gué ». Cette décision est néanmoins contestée par Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI et allié du parti Les Républicains, mais aussi en interne par Nathalie Kosciusko-Morizet, numéro 2 du parti, et Jean-Pierre Raffarin. Il ne faut pas laisser le FN « s’enraciner dans nos territoires de France », a insisté ce matin l’ancien Premier ministre.

Le PS pourra-t-il compter sur les voix écologistes et Front de gauche au deuxième tour ?

Les socialistes peuvent espérer l’emporter dans sept régions si l’on additionne à leur score les voix écologistes et celles du Front de gauche. Le candidat PS en Île-de-France Claude Bartolone a annoncé cet après-midi la fusion de sa liste avec Europe Écologie Les Verts et le Front de gauche. Le Parti communiste souhaite parvenir au même résultat dans toutes les circonscriptions. Le cofondateur du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon a quant à lui appelé à voter « utile » au second tour. Mais, comme l’explique le politologue Joël Gombin, « totaliser les voix de gauche est une construction chimérique. 1 + 1 ne font pas 2, mais un peu moins ».