8 décembre 2015

Tout s'explique

Comment les pays négocient à la COP21

Comment les négociations se déroulent-elles ?

Alors que la 21e conférence mondiale sur les changements climatiques (COP21) doit s’achever vendredi, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a réclamé hier soir qu’un accord soit trouvé jeudi au plus tard. Celui qui est aussi président de l’événement veut avoir le temps de faire les vérifications juridiques et de traduire le texte en six langues. Les représentants de 195 pays sont réunis depuis le 30 novembre pour s’accorder sur les moyens de limiter le réchauffement de la Terre à deux degrés au maximum d’ici 2100 par rapport à 1880. Ils se réunissent chaque jour lors de séances plénières au cours desquelles chacun peut prendre la parole. Dans le même temps, les négociations se déroulent dans des salles fermées à la presse et aux ONG. Les diplomates discutent sous le contrôle de délégués de l’ONU qui veillent à ce que les tendances et groupes de pays soient équitablement représentés.

Quelles sont les principales étapes ?

Les négociateurs et les experts ont consacré la première semaine à la rédaction d’une version provisoire de l’accord, 43 pages remises samedi à Laurent Fabius. Elle intègre les différentes propositions de compromis sur chaque grand thème (limitation du réchauffement, réduction des émissions de gaz à effet de serre, financements, etc.). D’où de nombreux passages entre crochets. Les ministres des Affaires étrangères de tous les pays sont depuis hier chargés de poursuivre les négociations dans le but de trancher les points en suspens.

Les pays ont-ils tous le même poids dans les négociations ?

Le principe de la COP21 est le même que celui en vigueur à l’ONU : un pays, une voix. Seulement, les petits pays n’ont pas les moyens de dépêcher autant d’experts que nécessaire pour peser dans les négociations. Cassie Flynn, conseillère de l’ONU pour la COP21, racontait la semaine dernière sur Twitter que les négociateurs devaient « se démener pour assister aux “spinoff”, “clusters” et “drafting groups” », les différents types de réunions, et que c’était d’autant plus difficile pour les petites délégations. La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques impose que le texte final soit validé par un accord à l’unanimité.