9 décembre 2015

Tout s’explique

L’appel de Sarkozy aux électeurs du Front national

Quelle est sa position vis-à-vis du FN ?

Nicolas Sarkozy a déclaré hier soir lors d’un meeting à Rochefort (Charente-Maritime) : « Le vote pour le FN n’est pas un vote contre la République [€], car si c’est un vote contre la République, pourquoi la République autorise-t-elle depuis trente ans des candidats du FN à se présenter ? » Le président du parti Les Républicains (LR) s’exprimait dans le cadre d’un rassemblement de l’entre-deux-tours, après que sa formation eut été devancée au premier tour par le Front national (28,42 % contre 26,85 %). « Je fais une différence entre le vote FN et la personne » qui dirige le parti, a-t-il déclaré ce matin sur France Inter. Depuis dimanche, l’ancien chef de l’État s’est plusieurs fois présenté comme « le meilleur rempart contre le FN », capable de détourner une partie de ses électeurs.

Est-elle contestée au sein du parti Les Républicains ?

Cette position a été critiquée ce matin sur Europe 1 par Xavier Bertrand, dont la liste affrontera dimanche celle de Marine Le Pen dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Il a appelé les « états-majors de la droite » à « se taire ». Le candidat a exclu hier que Nicolas Sarkozy participe à ses meetings, au moment où il a besoin des voix de gauche pour l’emporter (le PS a retiré sa liste dans cette région). Même demande pour Christian Estrosi, à la lutte contre Marion Maréchal-Le Pen en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI et allié du parti Les Républicains, a également critiqué hier la position de Nicolas Sarkozy. « Si la nouvelle ligne des Républicains est de droitiser encore, alors il y aura vraiment un problème. C’est intenable », a-t-il déclaré. L’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a appelé hier à « ne pas courir derrière le FN ».

Cette position marque-t-elle un changement d’attitude de Sarkozy ?

Affirmer que le vote FN « n’est pas contre la République » fait écho à une phrase que Nicolas Sarkozy avait déjà prononcée en 2012, lors de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle : « Le Pen est compatible avec la République ». Le quotidien Libération en avait fait sa « une » le 25 avril 2012. Au micro d’Europe 1, Marine Le Pen a déclaré ce matin que Nicolas Sarkozy pouvait toujours essayer de « siphonner » les voix du FN. « Il l’a fait dix fois, ça a marché une fois », en 2007, « les neuf autres fois, ça n’a pas marché du tout », a pointé la présidente du FN.