11 décembre 2015

Tout s’explique

Les négociations prolongées à la COP21

Qu’est-ce qui bloque ?

La conférence sur le climat ne s’achèvera pas aujourd’hui comme prévu, a annoncé ce matin Laurent Fabius, président de la COP21. Le ministre des Affaires étrangères espère pouvoir présenter la version finale du texte demain matin pour une adoption à la mi-journée. Il reste des blocages sur plusieurs sujets : les États-Unis et l’Union européenne poussent pour une participation des grandes économies émergentes, comme l’Inde, la Chine ou le Brésil, à l’effort financier destiné à aider les pays du Sud à s’adapter aux effets du réchauffement. Les pays pétroliers refusent de fournir les objectifs chiffrés de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. Les États insulaires exigent que l’augmentation de la température n’excède pas 1,5 degré entre 1880 et 2100, contre deux degrés selon les bases actuelles des négociations.

Jusqu’à quand la conférence peut-elle se prolonger ?

Les textes ne prévoient pas de limite à la tenue de la conférence, elle peut durer autant de temps que nécessaire. Les dernières conférences ont souvent été prolongées, comme celle de Copenhague, jugée très décevante par le gouvernement français comme par les associations environnementales, qui s’était poursuivie pendant une trentaine d’heures en 2009. Seuls 27 pays avaient validé l’accord. Les États-Unis et la Chine ne s’étaient engagés sur aucun objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre. À Durban, en 2011, les négociations avaient également duré une trentaine d’heures supplémentaires.

Quelles sont les craintes des organisations environnementales ?

Les ONG estiment que le texte actuel ne tranche pas sur les sujets essentiels, comme les financements dont bénéficieront les pays les plus pauvres ou les objectifs de réduction des gaz à effet de serre à long terme. C’est pourquoi les craintes d’un accord a minima se renforcent. Selon Greenpeace, le texte prévoit que les contributions volontaires des États en matière de réduction d’émissions ne seront revues à la hausse qu’à partir de 2050. « C’est trop tard et trop peu », a déclaré hier soir une porte-parole de l’ONG.