15 décembre 2015

Tout s’explique

Des régions sans élus socialistes

Comment Estrosi et Bertrand ont-ils joué l’ouverture entre les deux tours ?

Les listes menées par les candidats du parti Les Républicains (LR) Christian Estrosi et Xavier Bertrand ont battu celles du Front national (FN) dimanche lors du second tour des élections régionales. Ces victoires en Provence-Alpes-Côte d’Azur et Nord-Pas-de-Calais-Picardie ont été possibles grâce au désistement des listes PS qui, arrivées troisièmes, ont voulu faire barrage au FN. Pour rallier les voix de gauche, Christian Estrosi s’est présenté en « résistant ». Il s’est engagé à maintenir le budget réservé à la culture et à l’économie sociale et solidaire. Xavier Bertrand a promis de ne pas être « sectaire ». « Qu’ils se taisent ! » a-t-il lancé à l’attention de l’état-major de son parti, visant implicitement Nicolas Sarkozy qui défendait une politique de main tendue à l’égard des électeurs FN.

Vont-ils tenir compte des électeurs de gauche ?

Conséquence du retrait des listes de gauche : aucun élu socialiste ne siégera dans l’opposition. Christian Estrosi et Xavier Bertrand ont imaginé des dispositifs pour les entendre. Ainsi, trois anciens présidents de la région Paca ont accepté aujourd’hui de former le « conseil des sages » proposé par Christian Estrosi, dont la mission sera d’installer un « conseil territorial » consultatif. Le futur président envisage de le réunir une fois par an et avant chaque temps fort du conseil régional (budget, investissements importants, etc.). Xavier Bertrand propose quant à lui de réunir tous les trois mois les parlementaires de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, soit 78 députés et sénateurs (dont 48 de gauche). Il a expliqué que le Parti socialiste pourrait travailler avec le conseil régional « s’il a de bonnes idées ». Ce dispositif ne concernera pas la tête de liste PS, Pierre de Saintignon, qui n’est pas parlementaire.

Comment ont-ils remercié les électeurs de gauche ?

Xavier Bertrand a dédié dimanche sa victoire aux « gens du Nord » avant de remercier les électeurs du PS qui l’ont soutenu « pour faire rempart » au FN. Christian Estrosi a remercié « les gens de gauche qui ont fait le sacrifice de se retirer pour cette victoire ». « Cet esprit de résistance sera un guide, a-t-il dit dimanche soir, je remercie tous ceux qui se sont reconnus dans les valeurs républicaines. » Cette position n’est pas défendue par Nicolas Sarkozy, président des Républicains, qui leur a reproché hier dans le Figaro d’être « tombés dans le piège » [€]. Selon lui, ces remerciements transpartisans alimentent « l’UMPS », une expression du FN raillant le caractère interchangeable des deux grands partis.