18 décembre 2015

Tout s'explique

Démonstration nationaliste à l’Assemblée de Corse

Comment s’est déroulée l’intronisation du nouveau président ?

Le nationaliste Gilles Simeoni a accédé hier à la présidence du Conseil exécutif de la Corse, le mini-gouvernement de l’île, après sa victoire aux élections territoriales dimanche. C’est la première fois que ce courant est représenté au sommet des instances politiques locales. Gilles Simeoni, maire de Bastia, doit sa victoire à son alliance avec le parti de l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni à l’issue du premier tour. Ce dernier a été élu à la tête de l’Assemblée locale au cours d’une cérémonie soigneusement mise en scène. « En votant pour les nationalistes, le peuple corse a dit que la Corse n’était pas un morceau d’un autre pays mais une nation, avec sa langue, sa culture, sa tradition politique, sa manière d’être au monde », a déclaré hier soir devant l’Assemblée Jean-Guy Talamoni qui s’exprimait en corse. Le Premier ministre Manuel Valls a exprimé ce matin son « attachement à la place de la Corse dans la Nation », tout comme sa « reconnaissance de la spécificité de l’île ».

Que demandent les nouveaux élus ?

Défenseur de l’identité corse, Gilles Simeoni récuse la violence du Front de libération nationale corse, le mouvement nationaliste radical. Ancien avocat d’Yvan Colonna (l’assassin du préfet Claude Érignac en 1998), il milite pour faire du corse la deuxième langue officielle de l’île, instaurer un statut de résident pour juguler la spéculation foncière et immobilière ou encore l’inscription de l’autonomie corse dans la Constitution française. Il plaide également pour l’amnistie des prisonniers corses considérés comme « politiques », une demande que Jean-Guy Talamoni a réitérée hier devant l’Assemblée locale. « Demain, les portes des prisons s’ouvriront et personne ne pourra s’opposer à cette volonté populaire », a déclaré l’indépendantiste.

Quel est le statut de la Corse ?

La Corse est une collectivité territoriale disposant de compétences particulières dans l’éducation, l’environnement et d’une large autonomie en matière culturelle. À l’instar de la Guyane ou de la Martinique, la population n’a pas voté lors d’élections régionales mais lors d’un scrutin territorial. L’Assemblée de Corse qu’elle a élue a choisi en son sein les neuf membres du Conseil exécutif. Cet organe « prépare et exécute l’ensemble des délibérations de l’Assemblée de Corse ». Le mandat des deux instances ne sera que de deux ans au lieu de cinq. De nouvelles élections doivent en effet être organisées en 2018 pour instaurer une collectivité unique et supprimer les départements de Corse-du-Sud et de Haute-Corse.