21 décembre 2015

Tout s’explique

L’Espagne se cherche un gouvernement

Le bipartisme a-t-il vécu en Espagne ?

Quatre formations ont obtenu plus de 14 % des voix lors des élections générales qui se sont tenues hier en Espagne. Le scrutin, qui rompt avec le bipartisme entre le Parti populaire (PP, 29 % des voix) et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE, 22 %), est marqué par l’essor de Podemos (gauche anti-austérité, 20 %) et de Ciudadanos (centre droit, 14 %). Les partis historiques qui avaient rassemblé 73 % des voix en 2011 tombent autour de 50 %. Sans majorité absolue, le Premier ministre sortant Mariano Rajoy (PP) va s’employer à trouver une solution : « Il faudra beaucoup parler, dialoguer, arriver à des accords et je vais essayer », a-t-il déclaré, même si les résultats rendent difficilement envisageable une coalition dirigée par son parti. Une autre possibilité réside dans une alliance à gauche entre le PSOE, Podemos et divers partis régionaux.

Comment les dirigeants politiques vont-ils tenter de construire une majorité ?

En vertu de la Constitution de 1978, le roi doit proposer un candidat au poste de président du gouvernement, un choix qu’il effectue en fonction des résultats des élections et de consultations avec les leaders des partis représentés. Ce sera le cas le 13 janvier, jour de l’investiture des nouveaux députés. Pour être confirmé, ce candidat doit être soutenu par une majorité absolue des députés ou à défaut par une majorité simple (un deuxième vote est alors organisé). En cas d’échec, le roi peut proposer de nouveaux candidats. Et si aucune majorité n’est trouvée deux mois après le premier vote, le parlement est dissous et les Espagnols sont appelés à voter une nouvelle fois, un cas de figure qui ne s’est pas encore produit.

Qui est Podemos ?

Fondé début 2014, Podemos est issu du mouvement des Indignés qui avait poussé des milliers de citoyens espagnols à se rassembler sur des places publiques pour protester contre les mesures d’austérité gouvernementales. Dès sa première campagne, en mai 2014, le parti a remporté 7,97 % des voix aux élections européennes, obtenant ainsi cinq sièges au parlement de Strasbourg. En mai 2015, lors des élections municipales et régionales, les candidates soutenues par Podemos au sein de coalitions rassemblant écologistes et partis de gauche ont remporté les mairies de Madrid et de Barcelone. Prônant entre autres une lutte contre la corruption, le développement des énergies renouvelables, la semaine de 35 heures et l’instauration d’un revenu minimum d’insertion, Podemos a cherché à crédibiliser son programme économique en s’attachant en septembre les services de l’économiste français Thomas Piketty.