24 décembre 2015

Tout s’explique

Le chômage en baisse fragile

Le gouvernement a-t-il raison de dire que le niveau se stabilise ?

Le ministère du Travail a annoncé en milieu de journée une baisse du nombre de chômeurs de 0,4 % en novembre par rapport au mois dernier. Cela représente 15 000 demandeurs d’emploi en moins en France métropolitaine, où 3,57 millions sont comptabilisés dans la catégorie A qui recense les actifs n’ayant pas travaillé. La ministre Myriam El Khomri y voit une « stabilisation » des chiffres, ce qui se vérifie en cumulant les données depuis fin août : +0,1 %. Néanmoins, François Hollande n’a toujours pas enregistré deux mois de baisse consécutifs depuis son accession au pouvoir en mai 2012. Un préalable avant de pouvoir parler d’inversion de la courbe, selon la promesse que le président avait initialement annoncée fin 2012 pour l'automne 2013. C’est en revanche la première fois que l’exécutif observe une série de baisses aussi rapprochées les unes des autres (juillet, septembre, novembre).

La droite a-t-elle raison de dénoncer une baisse « artificielle » ?

Le secrétaire national au Travail du parti Les Républicains, Gérard Cherpion, a reproché cet après-midi au gouvernement de faire « baisser artificiellement le chômage ». Il dénonce le transfert de certains demandeurs d’emploi de la catégorie A, la plus observée, vers les autres afin de faire baisser ses chiffres. Depuis juillet, Pôle Emploi exclut en effet de la catégorie A les bénéficiaires de contrats à durée déterminée d’insertion (contrats courts réservés à des personnes en grande difficulté sociale et professionnelle), les jeunes effectuant leur service civique et les personnes en formation. La catégorie A a désormais vocation à regrouper les chômeurs sans aucune activité. L’ancien ministre du Travail Éric Woerth recommandait en août de prendre en compte l’ensemble des catégories pour mesurer le chômage. Le nombre global de demandeurs d’emploi en recherche active, certains pouvant avoir une activité réduite (catégories B et C), a ainsi augmenté de 0,1 % en novembre.

Quelles sont les projections pour l’année 2016 ?

François Hollande a annoncé cet été qu’il se représenterait pour un nouveau mandat seulement en cas de baisse « crédible » du chômage. La Commission européenne et l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), qui regroupe les pays les plus industrialisés du monde, tablent sur une stabilisation du niveau. Ils sont les plus pessimistes. La Banque de France et l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), un centre de recherche rattaché à Sciences Po, s’attendent quant à eux à une légère décrue à la fin 2016. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), la baisse pourrait s’enclencher dès la mi-2016.