6 janvier 2016

Tout s'explique

La Corée du Nord prétend avoir fait exploser une bombe H

Quelles sont les preuves qu’un essai a bien eu lieu ?

La Corée du Nord a annoncé ce matin être parvenue pour la première fois à faire exploser une bombe à hydrogène (bombe H), aussi appelée bombe thermonucléaire. Cette version de l’arme atomique a été testée pour la première fois en 1952 par les États-Unis. L’énergie dégagée par une bombe H est environ 1 000 fois supérieure à celle dégagée par une bombe A. Or, la magnitude du séisme est estimée entre 4,2 et 5,1 dans la zone de l’explosion, une mesure jugée trop faible pour une bombe H traditionnelle. Il peut aussi s’agir d’une bombe A ou d’un modèle intermédiaire. Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunissait ce soir en urgence pour évoquer la situation.

Que sait-on du programme nucléaire nord-coréen ?

La Corée du Nord a mené par le passé trois essais souterrains en 2006, 2009 et 2013. En octobre, une organisation gouvernementale a alerté pour la première fois sur la capacité du pays à devenir une puissance nucléaire, c’est-à-dire à miniaturiser suffisamment ses armes pour équiper des missiles. Cette organisation américano-canadienne, le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord, estime même que la Corée du Nord est capable d’atteindre le territoire américain. Toshimitsu Shigemura, un expert japonais, rappelle qu’un congrès du parti communiste nord-coréen se tiendra en mai, une première depuis 1980. Il estime que le dirigeant du pays, Kim Jong-un, souhaite affirmer son autorité dans la perspective de cet événement majeur pour le régime.

La Corée du Nord a-t-elle toujours le soutien de la Chine ?

Le nouvel essai nord-coréen a été condamné par l’ensemble des pays, y compris la Chine, traditionnelle alliée du régime de Pyongyang. Elle a assuré ne pas avoir été prévenue et a déclaré y être « fermement opposée ». La Chine montre depuis plusieurs années des signes d’éloignement avec son voisin. Kim Jong-un n’a toujours pas rencontré le président chinois Xi Jinping, en fonction depuis 2013, tandis que ce dernier s’est en revanche déjà rendu en Corée du Sud, l’ennemi intime. En décembre, la Chine avait appelé la Corée du Nord à faire des efforts pour maintenir la paix dans la région. Plusieurs universitaires chinois estiment que Pyongyang veut affirmer son indépendance auprès de Pékin à travers son essai nucléaire.