7 janvier 2016

Tout s'explique

L’enquête sur les attentats de janvier

Où en est l’enquête ?

Un an après les attentats de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, les enquêteurs cherchent toujours à identifier les donneurs d’ordre. Les frères Kouachi (les tueurs de Charlie Hebdo) se sont réclamés d’Aqpa, Al-Qaïda dans la péninsule arabique, tandis qu’Amedy Coulibaly (celui de l’Hyper Cacher) a déclaré dans une vidéo posthume avoir agi au nom du groupe État islamique. L’analyse de l’ordinateur de ce dernier a révélé qu’il correspondait avec une personne à l’étranger non identifiée. Il lui rendait des comptes et en recevait des instructions, comme celle de collaborer avec les frères Kouachi. Deux Français sont soupçonnés par les enquêteurs : Peter Chérif, appartenant à une filière radicalisée du nord-est parisien au début des années 2000, et Salim Benghalem, condamné ce matin en son absence à 15 ans de prison pour son rôle dans une filière française d’acheminement de militants islamistes en Syrie. Six hommes ont déjà été écroués pour leur aide logistique à Coulibaly.

Quelles sont les principales failles du renseignement ?

Aucun des trois tueurs n’était sous la surveillance des services de renseignement au moment des faits. Une enquête de France Inter met en cause des rivalités internes aux différents services de renseignement pour expliquer certaines failles. Ainsi, les services avaient interrompu leur surveillance de Chérif et Saïd Kouachi en novembre 2013 et juin 2014, alors que la présence de ce dernier au Yémen avait été signalée par la CIA en 2011. Amedy Coulibaly, lui, était inconnu de la Direction générale de la sécurité intérieure, malgré ses visites fréquentes à Djamel Beghal, terroriste algérien incarcéré en France. C’est cet homme qui a organisé la rencontre entre Chérif Kouachi et Amedy Coulibaly en 2006 dans la prison de Fleury-Mérogis. Bernard Cazeneuve affirme pour sa part qu’aucun « élément incriminant » n’avait été relevé à l’encontre des tueurs.

Y aura-t-il une commission d’enquête parlementaire ?

Outil de contrôle de l’action gouvernementale, une commission d’enquête parlementaire donne aux députés et sénateurs qui la composent de larges pouvoirs d’investigation. Sa création nécessite un vote de l’Assemblée nationale ou du Sénat, ce qui limite la possibilité pour les partis d’opposition d’en obtenir une. Mais ces derniers disposent d’un droit qui leur permet d’en organiser une par session parlementaire (d’octobre à juin) sur le sujet de leur choix. Le Point indique ce matin que les députés Les Républicains useront de ce « droit de tirage » pour en lancer une la semaine prochaine sur d’éventuels dysfonctionnements au sein de l’appareil d’État autour des attentats de 2015.