8 janvier 2016

Tout s'explique

L’Allemagne à l’épreuve des agressions de Cologne

Quels sont les derniers éléments avérés ?

Le ministère de l’Intérieur allemand a annoncé ce matin que 31 suspects de vols et d’agressions avaient été identifiés dans le cadre de l’enquête sur les dérapages du soir du Nouvel An à Cologne. 18 de ces suspects avaient un statut de demandeur d’asile. De plus, 170 plaintes ont été déposées, dont les trois quarts font état d’agressions sexuelles ou de viols. D’après les journaux allemands Bild et Spiegel, les violences étaient si nombreuses, place de la Gare, que la police n’a pas été en mesure de les empêcher. Bild décrit une place bondée, avec des milliers de personnes, dont un grand nombre alcoolisées. 50 autres plaintes pour agression sexuelle le soir du Nouvel An ont été enregistrées à Stuttgart, Munich, Berlin et Hambourg.

La police a-t-elle été débordée ?

Le rapport des forces de l’ordre indique que leur intervention a duré de 21h45 jusqu’à l’évacuation de la place à 23h30. Or, d’autres agressions ont eu lieu à cet endroit dans les heures suivantes. Le ministre de l’Intérieur Thomas de Maizière a reproché aux policiers de ne pas avoir assez protégé le lieu après les premiers heurts. « La police ne peut pas travailler de cette manière », a-t-il déclaré mercredi. Le chef de la police de Cologne a été suspendu aujourd’hui. Les forces de l’ordre se justifient en pointant la forte fréquentation de la place de la Gare, l’ampleur des agressions et la responsabilité des réfugiés.

La politique d’accueil des réfugiés est-elle remise en cause ?

La chancelière Angela Merkel a promis hier soir une réponse ferme contre les agresseurs et une expulsion des éventuels réfugiés concernés. Elle a insisté sur la nécessité d’envoyer « un signal clair à tous ceux qui ne veulent pas respecter nos règles de droit ». Mardi, elle avait appelé à l’identification des coupables « sans considération de leur origine ou de leur passé ». Le parti populiste de droite AfD en a profité pour évoquer les conséquences de la politique migratoire allemande. Le pays a accueilli 1,1 million de demandeurs d’asile en 2015, selon l’Office fédéral des migrations et des réfugiés. Lors de ses vœux du Nouvel An, Angela Merkel s’était dit convaincue que l’arrivée massive des réfugiés dans son pays constituait une « chance ».