11 janvier 2016

Tout s'explique

Le narcotrafiquant mexicain « El Chapo » capturé

Pourquoi sa capture est-elle importante ?

Le narcotrafiquant mexicain Joaquin Guzman, dit « El Chapo » (« le trapu »), a été arrêté vendredi. Le président Enrique Peña Nieto a annoncé sa capture via son compte Twitter. Le chef du cartel de Sinaloa était l’un des criminels les plus recherchés au monde depuis son évasion spectaculaire le 11 juillet d’une prison de haute sécurité [€], grâce à un tunnel creusé sous sa cellule. La galerie, longue de 1,5 kilomètre, éclairée, équipée d’un système de ventilation, débouchait dans une maison en construction au milieu des champs. Un ancien responsable de la lutte antidrogue aux États-Unis a estimé que sa construction avait duré environ un an et coûté plusieurs millions de dollars. « El Chapo » s’était déjà échappé en 2001 d’une prison de haute sécurité, caché dans un panier de linge sale.

Pourquoi l’acteur Sean Penn est-il lié à l’affaire ?

Le lendemain de la capture, samedi, le magazine américain Rolling Stone a publié un article signé par l’acteur et réalisateur Sean Penn. Il relate sa rencontre organisée courant octobre avec le baron de la drogue. Le cinéaste décrit son trajet à travers une « jungle montagneuse ». Il interroge ensuite « El Chapo » sur son rôle dans l’essor de la toxicomanie, la politique ou son avenir, mais celui-ci ne livre pas d’informations inédites dans ses réponses. L’entretien a été rendu possible par l’entremise de Kate del Castillo, une actrice mexicaine qui prétend travailler à un scénario de film sur la vie du narcotrafiquant. Le ministère de la Justice mexicain a indiqué samedi que cette rencontre avait été l’une des pistes conduisant à la capture. Sean Penn n’a pas commenté cette information, pas plus qu’il n’a révélé la raison de l’entrevue.

« El Chapo » va-t-il être extradé aux États-Unis ?

Pour la première fois, le ministère de la justice mexicain a lancé dimanche une procédure d’extradition du narcotrafiquant vers les États-Unis, où il est poursuivi dans six États pour contrebande de cocaïne et blanchiment. Le procureur de Mexico a estimé lundi qu’il faudra au moins un an avant la décision finale, voire six ans si les avocats utilisent tous les recours légaux. Ces derniers se sont engagés à aller jusqu’à la Cour suprême mexicaine au motif qu’« El Chapo » risque la peine de mort aux États-Unis, une sanction qui n’existe pas au Mexique. « Le Mexique ne veut pas être perçu comme étant soumis au diktat américain », a expliqué sur la radio américaine NPR Jimmy Gurule, un ancien procureur spécialisé dans les affaires de stupéfiants. Néanmoins, le gouvernement peut difficilement s’exposer au risque d’une troisième évasion du narcotrafiquant.