12 janvier 2016

Tout s’explique

Nouvel attentat meurtrier en Turquie

Que sait-on de l’attaque ?

Au moins dix personnes ont été tuées ce matin dans une explosion à Istanbul et 15 autres ont été blessées. Neuf touristes allemands figurent parmi les victimes. La déflagration a eu lieu dans le quartier historique de Sultanahmet, près de la basilique Sainte-Sophie, haut lieu touristique de la capitale économique turque. Le président Recep Tayyip Erdogan a déclaré que l’explosion était due à un attentat-suicide commis par un Syrien. Le Premier ministre Ahmet Davutoglu a ajouté qu’il était né en 1988 et appartenait au groupe État islamique (EI). L’attaque n’a pas encore été revendiquée. Le gouvernement a interdit aux médias de parler de l’attentat « au nom de la sécurité nationale ». Cela n’a pas empêché plusieurs d’entre eux (Hürriyet, CNN Türk, Anatolie) de continuer à publier des informations sur l’explosion.

Combien d’attentats islamistes la Turquie a-t-elle subi ces derniers mois ?

La Turquie vit en état d’alerte depuis le double attentat-suicide d’Ankara qui a fait 103 morts le 10 octobre. Il s’est produit lors d’une marche pacifique, organisée contre la reprise des violences entre l’armée et les séparatistes kurdes dans le sud-est du pays. Le gouvernement avait attribué cette attaque, la plus meurtrière survenue sur son sol, à l’organisation État islamique. Il a également accusé le groupe djihadiste d’avoir perpétré un autre attentat kamikaze en juillet, où 32 étudiants pro-kurdes avaient été tués à Suruç, près de la frontière syrienne. Une attaque, commise par une femme kamikaze, avait déjà visé la zone touristique de Sultanahmet il y a un an, mais n’avait fait qu’une seule victime. Les autorités avaient mis en cause des « mouvements islamistes ».

Comment la Turquie lutte-t-elle contre Daech ?

La Turquie est membre de la coalition internationale contre l’EI. Elle a bombardé en juillet des bases de djihadistes installées non loin de sa frontière et a permis aux membres de l’Otan de mener des frappes depuis son territoire. La police turque a arrêté plus de 250 personnes dans les milieux islamistes au cours de l’été. Néanmoins, l’opposition turque accuse le pouvoir de cibler d’abord ses ennemis kurdes qui combattent en Syrie, plutôt que les djihadistes. Des journaux comme Cumhuriyet et des personnalités politiques de gauche accusent Recep Tayyip Erdogan de fermer les yeux sur les passages de djihadistes à travers son territoire, d’acheter le pétrole de contrebande de l’EI ou de livrer des armes à l’organisation terroriste.