21 janvier 2016

Tout s’explique

Une nouvelle planète dans le système solaire ?

Pourquoi ne la voit-on pas ?

Deux astronomes californiens ont annoncé hier soir la découverte d’une nouvelle planète dans notre système solaire. Cette conclusion résulte d’un calcul mathématique : les scientifiques n’ont pas formellement vu la planète. Ils ont déduit son existence à partir de l’observation de plusieurs masses en orbite autour d’un même point. Cette nouvelle venue se situerait bien au-delà de Neptune, la huitième et la plus éloignée du Soleil des planètes connues, qui avait été découverte grâce au même procédé en 1846. C’était à ce jour la seule planète ayant été repérée par le calcul mathématique plutôt que par une observation directe. Le télescope géant de Keck, situé à Hawaï, va être mobilisé pour confirmer l’existence de cette hypothétique neuvième planète, provisoirement baptisée « Planète 9 ».

Où serait-elle située ?

L’astre serait situé au-delà de la ceinture de Kuiper, une région où gravitent des millions de petits corps célestes, reliquats de la formation du système solaire. Il est distant de 4,5 milliards de kilomètres du Soleil (la Terre l’est de 150 millions). Cela en fait une zone inhabitable pour l’homme où l’eau ne peut être présente que sous la forme de glace. Selon les chercheurs, la planète aurait un diamètre deux à quatre fois plus grand que celui de la Terre, ainsi qu’une masse cinq à dix fois plus importante. Elle aurait également la particularité d’être lente : les astronomes estiment qu’elle fait le tour du Soleil en 10 000 à 20 000 ans (365 jours pour la Terre).

Ce n’était pas déjà Pluton, la neuvième planète ?

À sa découverte en 1930, Pluton était considérée comme la neuvième planète du système solaire. Mais en 2006, l’Union astronomique internationale (UAI), une association internationale non gouvernementale, a modifié les critères d’attribution du statut de planète. Pluton remplissait bien les deux premières conditions (être en orbite autour du Soleil et disposer d’une forme sphérique), mais pas la troisième : des corps célestes se trouvent encore dans le voisinage de son orbite. L’UAI a alors imaginé un nouveau statut de « planète naine » pour les astres répondant aux deux premiers critères. Un prêté pour un rendu : Michael Brown, un des astronomes auteurs de la découverte d’hier, est aussi responsable de la destitution de Pluton de son rang de planète.