2 février 2016

Tout s'explique

Les indemnités chômage dégressives à l’étude

Qu’est-ce que la dégressivité des allocations ?

Le gouvernement a identifié plusieurs pistes d’économies en vue de la renégociation des règles d’indemnisation de l’assurance chômage entre les partenaires sociaux. Ces pistes ont fait l’objet d’un rapport envoyé le 20 janvier à une commission parlementaire, auquel l’AFP a eu accès aujourd’hui. Parmi elles figure la dégressivité des allocations. L’idée est de diminuer progressivement les indemnités versées aux chômeurs (aujourd’hui constantes) pour les inciter à chercher un emploi plus activement. Le ministre des Finances Michel Sapin a estimé que la dégressivité devrait s’accompagner d’un renforcement des droits à la formation. François Hollande avait pourtant déclaré début 2014 que le montant des allocations ne devait pas être affecté en période de chômage de masse.

La dégressivité favorise-t-elle le retour à l’emploi ?

La dégressivité a déjà été expérimentée en France entre 1992 et 2001. Le demandeur d’emploi touchait une indemnité correspondant à 57 % de son ancien salaire brut pendant neuf mois, puis ses allocations baissaient tous les quatre mois de 17 %. Une étude de l’Insee a conclu en 2001 que la dégressivité avait poussé les plus qualifiés à accepter rapidement des postes en deçà de leurs compétences. Interviewé par le Parisien, l’économiste Christian Saint-Étienne (conseiller de Paris Les Républicains) soutient cette mesure à condition qu’elle soit accompagnée de formations. Bertrand Martinot, économiste spécialisé sur la question du chômage, estime, lui, que ce système se prête davantage à une période de plein emploi [€].

Quelles sont les autres pistes ?

Le gouvernement propose également d’augmenter le taux de contribution des salariés et des employeurs, de réduire la durée d’indemnisation (actuellement fixée à deux ans maximum pour les moins de 50 ans et trois ans pour les plus de 50 ans) et de réduire le niveau des allocations. L’objet de la réforme est d’assurer la pérennité de l’assurance chômage. La Cour des comptes a estimé mi-janvier qu’elle était menacée par la dette de l’Unédic, l’organisme chargé de sa gestion. L’Unédic, qui a enregistré en 2015 un déficit de 4,4 milliards d’euros, prévoit que sa dette culminera à 29,4 milliards d’euros fin 2016 si rien n’est fait. En octobre, le ministre du Budget Christian Eckert avait affirmé viser 800 millions d’euros d’économies par an. Les partenaires sociaux doivent commencer à négocier le 20 février en vue d’une entrée en vigueur du nouveau régime le 1er juillet.