3 février 2016

Tout s’explique

Les chauffeurs de VTC en grève

Qui sont les chauffeurs en grève aujourd’hui ?

Après le mouvement des taxis pour faire interdire les VTC la semaine dernière, certains d’entre eux, titulaires du statut Loti, manifestaient aujourd’hui. Cette catégorie concerne les 70 000 chauffeurs qui transportent, en principe, un minimum de deux passagers à la fois. Ils reprochent au gouvernement de les avoir sacrifiés aux taxis en « gage de paix sociale » : Manuel Valls a annoncé jeudi soir un renforcement des contrôles afin de sanctionner les chauffeurs Loti qui utiliseraient les plateformes VTC (Uber, Chauffeur privé, Snapcar, etc.). Le gouvernement a envoyé des lettres de mise en demeure à 28 plateformes VTC, exigeant un listing des chauffeurs, afin de mettre un terme à l’activité de ceux travaillant sous le statut Loti.

Quels sont les statuts alternatifs aux taxis ?

Le statut le plus représenté est celui des VTC (environ 65 % à Paris). Depuis un arrêté entré en vigueur aujourd’hui, l’obtention de ce statut est conditionnée par une formation de sept heures, suivie d’un examen testant les connaissances du candidat sur la réglementation des transports, la sécurité routière, la gestion d’entreprise, la relation client, le français et l’anglais. Contacté par Brief.me, le patron de Snapcar Yves Weisselberger juge « difficile » cet examen dont certaines questions sont éliminatoires. Jusqu’à présent, seule une formation de 250 heures (sans examen) était exigée. Le temps nécessaire pour suivre ces cours poussait les plateformes de VTC à recommander le statut Loti pour lequel la formation n’est que de 140 heures.

Comment se déroule la médiation décidée par le gouvernement ?

Manuel Valls a nommé le 26 janvier le député socialiste Laurent Grandguillaume comme médiateur du conflit taxis/VTC. Il a rencontré hier les organisations de taxis, avant de recevoir demain les sociétés de VTC. Sa médiation a été critiquée samedi par un dirigeant d’Uber, après une série de tweets dans lesquels le député a mis en cause les « plateformes numériques » qui n’appliquent pas la loi. Laurent Grandguillaume a précisé sa pensée aujourd’hui dans le Figaro, soulignant la « forte responsabilité » des plateformes dans le conflit. Il a prévenu que des sanctions seront prononcées à l’encontre des sociétés VTC qui ne fourniront pas le listing de leurs chauffeurs d’ici le 28 février. Le médiateur a alerté les applications contrevenantes d’un risque de fermeture.