4 février 2016

Tout s’explique

L’ONU au secours de Julian Assange

Pourquoi Julian Assange vit-il dans une ambassade ?

Le cofondateur de WikiLeaks Julian Assange a reçu cet après-midi le soutien d’une instance de l’ONU, qui a estimé qu’il était en « détention arbitraire » dans l’ambassade équatorienne à Londres. L’activiste y vit retranché depuis 2012 et avait suspendu son sort à cette décision. Si celle-ci était en sa défaveur, il avait promis de se livrer à la police britannique, qui souhaite appliquer un mandat d’extradition émis par la Suède, où il est soupçonné de viol. La justice suédoise veut l’entendre sous le statut de témoin. Julian Assange nie les accusations et accuse la Suède d’agir pour le compte des États-Unis. Il affirme avoir eu des relations sexuelles librement consenties avec deux jeunes femmes. Julian Assange a décrit l’an dernier sur Europe 1 un lieu de vie « difficile », « sombre », « sans jardin » et « aucune possibilité d’exercice physique ».

Quel est le poids de cet avis de l’ONU ?

Julian Assange a épuisé tous ses recours juridiques pour éviter une extradition vers la Suède. Il s’est tourné vers l’ONU qui dispose d’un organe chargé d’examiner les cas de personnes estimant avoir fait l’objet d’une privation de liberté excessive et qui ne disposent pas de voies de recours appropriées. Même si ce groupe de travail abonde dans le sens de l’activiste, son avis n’a rien de contraignant. Le gouvernement britannique rejette le fait qu’il soit « détenu », puisqu’il se trouve volontairement dans l’ambassade d’Équateur. Il a déjà indiqué qu’il comptait toujours extrader Julian Assange vers la Suède si celui-ci venait à quitter l’ambassade où il est protégé. Cette décision constitue néanmoins une victoire médiatique, lui permettant d’espérer un accord à l’amiable ou d’entreprendre des actions en justice pour violation des droits de l’homme.

Qui est Julian Assange ?

Julian Assange est l’auteur de la publication par WikiLeaks en 2010 de 500 000 documents classés secret défense sur l’Irak, l’Afghanistan, la prison de Guantanamo, ainsi que 250 000 communications diplomatiques. Il a notamment mis en ligne une vidéo montrant le massacre de plusieurs civils en Irak, dont deux journalistes de Reuters, par l’armée américaine. Ces documents ont été fournis à WikiLeaks par un jeune soldat américain, Bradley Manning, alors employé comme analyste du renseignement en Irak. Ces fuites ont valu à Manning une condamnation à 35 ans de prison pour espionnage en 2013. Julian Assange refuse de se rendre en Suède de peur d’être extradé vers les États-Unis où il risque une arrestation.