23 février 2016

Tout s’explique

Nouvel espoir en Syrie

En quoi le nouveau cessez-le-feu diffère-t-il du précédent qui n’a pas été respecté ?

Le régime de Bachar el-Assad a accepté aujourd’hui le plan de cessez-le-feu proposé hier par les États-Unis et la Russie. L’organisation État islamique et le Front Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, ne sont pas concernés par l’accord. Il prévoit une cessation des hostilités le 27 février pendant au moins deux semaines. Un précédent plan annoncé le 12 février a échoué. La Russie a poursuivi ses frappes et les combats n’ont pas cessé. Cette fois, la Russie et les États-Unis se sont mis d’accord pour garantir eux-mêmes le respect de l’accord et contrôler la cessation des combats.

Quelles sont ses chances de succès ?

Toute la question sera de s’entendre sur le périmètre : Bachar el-Assad a prévenu qu’il continuerait à combattre les « groupes terroristes ». Cette définition est vague : son régime ne fait aucune distinction entre rebelles et djihadistes, les qualifiant tous de « terroristes ». Le gouvernement syrien a précisé qu’il se coordonnerait avec la Russie pour définir quels groupes et quelles zones seraient concernés. L’opposition craint que l’exclusion du Front Al-Nosra ne lui serve de prétexte pour poursuivre les attaques dans les zones contrôlées par les rebelles, dans lesquelles il est également présent.

Peut-il avoir un effet sur le plan humanitaire ?

L’accord prévoit que tous les signataires devront non seulement cesser d’utiliser leurs armes, mais autoriser un accès « sûr et sans entrave » aux convois humanitaires dans les zones sous leur contrôle. Ces dernières semaines, l’armée syrienne régulière, soutenue par l’aviation russe, a presque encerclé Alep, la deuxième ville du pays, bloquant les approvisionnements des zones contrôlées par les rebelles. La dégradation de la situation humanitaire a provoqué un afflux de réfugiés en direction de la Turquie.