26 février 2016

Tout s’explique

L’Europe de plus en plus éclatée face aux migrants

Pourquoi l’Autriche et la Grèce s’opposent-elles ?

La Grèce a refusé ce matin de recevoir la ministre de l’Intérieur autrichienne qui avait proposé de se rendre à Athènes la semaine prochaine, alimentant la tension entre les deux pays au sujet de la crise des migrants. Hier, Athènes avait rappelé son ambassadrice basée à Vienne. Ces événements sont la conséquence de la décision autrichienne d’instaurer la semaine dernière des quotas quotidiens de passage. Seuls 80 demandeurs d’asile en règle sont autorisés à pénétrer sur son territoire et 3 200 en transit à le traverser. Se répercutant sur tous les pays situés sur la route des Balkans, ces restrictions ont pour conséquence de bloquer des dizaines de milliers de personnes en Grèce. Les chefs d’État européens, réunis hier à Bruxelles, n’ont pas réussi à faire changer d’avis l’Autriche.

Une alliance de pays eurosceptiques est-elle en train d’émerger ?

La décision autrichienne est soutenue par le groupe de Visegrad, une alliance de quatre pays d’Europe de l’Est (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie) opposés à l’accueil de réfugiés. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a fait construire un mur à ses frontières avec la Serbie et la Croatie pour leur barrer la route. La ministre de l’Intérieur autrichienne, membre d’une coalition gouvernementale gauche-droite, explique que le risque nationaliste doit conduire à la réduction des flux migratoires en Europe. L’élection présidentielle autrichienne est programmée le 24 avril.

Que font les migrants une fois arrivés en Grèce ?

La plupart empruntent les routes menant vers la Macédoine au nord. Mais depuis le 18 février, ce pays exige des migrants qu’ils disposent de documents authentifiés (passeports, cartes d’identité). Le laissez-passer délivré lors de l’arrivée en Grèce n’est plus suffisant. Et seuls les Syriens et les Irakiens sont autorisés à franchir la frontière, ce qui exclut les Afghans et les Somaliens. Depuis début janvier, plus de 102 000 migrants ont rejoint la Grèce. Le commissaire européen aux Affaires intérieures a alerté mardi du risque de crise humanitaire de grande ampleur en préparation.