29 février 2016

Tout s'explique

La « jungle » de Calais partiellement évacuée

À quel point la « jungle » de Calais a-t-elle été démantelée ?

Le démantèlement de la partie sud de la « jungle » de Calais, un campement occupé au total par plusieurs milliers de migrants en situation irrégulière, a débuté ce matin. Une entreprise privée mandatée par l’État, équipée de bulldozers, a évacué une vingtaine de tentes et de cabanes. Cette opération intervient après le rejet jeudi d’un recours déposé par plusieurs associations contre l’évacuation voulue par la préfète du Pas-de-Calais. L’État, qui tolère depuis un an les abris installés dans la partie nord du camp, avait annoncé le 12 février son intention de raser la partie sud. La juge a tout de même exigé que plusieurs lieux « répondant à un besoin réel », comme l’école, le théâtre ou le centre juridique, créés par les migrants et des militants associatifs, soient conservés.

Comment s’est déroulée l’opération ?

Plus de trente cars de CRS et deux camions antiémeutes étaient présents pour sécuriser l’évacuation du camp. La préfecture a dénoncé ce matin l’agression vendredi par de « nombreux activistes extrémistes » de plusieurs travailleurs sociaux venus inciter les migrants à quitter la « jungle ». Les autorités avaient annoncé qu’elles n’évacueraient pas le campement par la force, mais feraient en sorte de « convaincre les migrants » de partir. Les associations de défense de ces derniers ont pourtant dénoncé aujourd’hui la destruction d’abris qui étaient toujours occupés. Refusant de quitter les lieux, plusieurs personnes ont affronté les forces de l’ordre, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes.

Quelles sont les solutions de relogement proposées aux migrants ?

L’État tente de convaincre les migrants de rejoindre l’un des 102 Centres d’accueil et d’orientation ouverts depuis septembre dans toute la France en leur promettant qu’ils pourront y déposer plus facilement une demande de titre de séjour. Selon la Direction générale des étrangers, un organisme dépendant du ministère de l’Intérieur, ces lieux visent à aider les migrants à « quitter la boue de Calais » et ses conditions sanitaires catastrophiques, mais aussi à échapper à « l’emprise de filières criminelles ». Or, la plupart des occupants de la « jungle » souhaitent rejoindre le Royaume-Uni et refusent de s’éloigner de leur but. La seule autre solution existant sur place est un Centre d’accueil provisoire de 1 500 places, qui accueille déjà près de 1 300 migrants. Or, la zone sud de la « jungle » compte de 800 à 3 500 occupants selon les sources.