3 mars 2016

Tout s’explique

Sommet franco-britannique pour sortir de la crise de Calais

Qu’ont décidé le Royaume-Uni et la France ?

Le Royaume-Uni a annoncé le déblocage de 22 millions d’euros supplémentaires pour gérer la crise des migrants à sa frontière avec la France, notamment aux alentours de Calais. La contribution britannique s’élevait jusqu’à présent à 60 millions d’euros. Cette aide contribuera à sécuriser la zone d’accès au tunnel sous la Manche et la zone du port de Calais. Elle permettra également d’accroître la lutte contre les réseaux de passeurs et de financer des centres d’accueil de migrants en France.

Quelles sont les particularités des contrôles à la frontière franco-britannique ?

Ils sont régis par les accords du Touquet signés en 2003 après le démantèlement du camp de migrants de Sangatte, près de Calais. Ils permettent aux agents français de procéder à des contrôles en Angleterre, mais surtout aux agents britanniques de faire de même en France. C’est la raison pour laquelle Xavier Bertrand, aujourd’hui président Les Républicains de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, a déclaré en août que la frontière britannique se trouvait aujourd’hui à Calais. Il reproche ainsi au Royaume-Uni de laisser la France supporter le gros de la surveillance.

Pourquoi Emmanuel Macron a-t-il fait polémique ?

Le ministre de l’Économie a prévenu ce matin dans une interview au Financial Times que les accords du Touquet pourraient être remis en cause si le Royaume-Uni quittait l’Union européenne. Emmanuel Macron a expliqué que la France pourrait laisser les migrants se rendre en Grande-Bretagne. Le maire de Londres Boris Johnson s’est interrogé sur le « timing » de cette déclaration, quelques jours après son ralliement au « Brexit », en opposition au Premier ministre David Cameron. Un député anglais favorable à la sortie de l’UE a qualifié les propos d’Emmanuel Macron de « propagande ». Au cours de la conférence qu’il a donnée au côté du chef de gouvernement britannique, François Hollande a lui aussi estimé qu’un départ du Royaume-Uni aurait « des conséquences ».