7 mars 2016

Tout s'explique

À Grande-Synthe, le premier camp humanitaire de France

Qu’est-ce qu’un camp humanitaire ?

Le camp humanitaire de Grande-Synthe, distant de moins de dix kilomètres de Dunkerque, ouvre ses portes aujourd’hui. D’ici mercredi soir, les 1 050 migrants qui campent dans un bidonville seront relogés sur un autre terrain doté de 300 cabanons en bois. Jusqu’à présent, les migrants (essentiellement kurdes) s’entassaient sur un terrain marécageux proche du centre-ville en attendant, comme les occupants de la « jungle » de Calais, de rejoindre l’Angleterre. Le camp humanitaire répond à des normes internationales : nombre de sanitaires suffisant, douches, hébergements chauffés, équipements pour cuisiner, présence d’équipes médicales, etc. L’association Utopia 56, déjà présente à Calais, a été retenue pour organiser la vie sur place (distribution des repas, collecte des déchets, etc.).

Comment ce camp est-il financé ?

Le coût du camp est évalué à 3,1 millions d’euros, pris en charge par Médecins sans frontières à raison de 2,6 millions d’euros. Le reste est complété par la mairie de Grande-Synthe, qui espère que l’État sera en mesure de lui rembourser cette dépense. Le maire Damien Carême (EELV) souhaite aussi qu’il prenne en charge les frais de fonctionnement annuels du lieu (2,5 millions d’euros). L’État n’a pas encore assuré qu’il payerait.

Qu’arrivera-t-il à ceux qui refusent de rejoindre ce camp ?

Les migrants ne pourront pas rester sur le terrain qu’ils occupaient jusqu’ici car il sera évacué jeudi par la police, a prévenu le maire de Grande-Synthe. Damien Carême a exclu la possibilité de conserver deux camps sur sa commune de 21 000 habitants. Il explique dans Le Monde s’être engagé auprès des riverains à construire à la place un quartier écologique. Médecins sans frontières aurait souhaité un peu plus de temps, notamment pour convaincre le maximum de migrants de déménager (environ 250 n’ont pas encore pris de décision).